ÉCHECS SCOLAIRES ET SUICIDES AU TOGO : JUSQU’À QUAND NOS ENFANTS PAIERONT-ILS LE PRIX DE LA PRESSION ?
Par Yawo KLOUSSE
afriquenligne.tg
La proclamation des résultats des examens nationaux, qui devrait être un moment de joie pour les admis et une occasion de rebond pour les recalés, se transforme malheureusement, chaque année au Togo, en une période de deuil pour certaines familles.
Ces derniers jours, le pays a été bouleversé par deux drames. À Kpalimé, une jeune fille, à sa deuxième tentative du baccalauréat première partie (BAC I), s’est donné la mort par pendaison au lycée Zomayi après avoir appris son échec. À Bassar, une autre jeune fille aurait mis fin à ses jours après son échec au BEPC.
Ces tragédies interrogent toute la société. Elles rappellent que derrière chaque résultat se cache un être humain, avec ses espoirs, ses fragilités et ses rêves.
L’échec n’est pas une fin
L’échec scolaire ne devrait jamais être considéré comme une condamnation. Pourtant, dans notre société, il est souvent vécu comme une humiliation. La pression familiale, les moqueries, la peur du regard des autres et l’absence d’accompagnement psychologique peuvent conduire certains jeunes à croire que leur vie n’a plus de valeur.
Pourtant, de nombreuses personnalités ont connu des échecs avant de réussir brillamment leur parcours.
Le système éducatif doit évoluer
Face à la répétition de ces drames, il devient urgent que les autorités éducatives prennent des mesures fortes.
Parmi les pistes de solution figurent -l’introduction de psychologues et de conseillers d’orientation dans les établissements scolaires, notamment avant et après les examens ;
-la mise en place d’une cellule nationale d’écoute psychologique gratuite pour les élèves en détresse ;
-des campagnes nationales de sensibilisation rappelant que l’échec est une étape de la vie et non une fatalité ;- -la formation des enseignants et des parents à la détection des signes de détresse psychologique ;
-un meilleur accompagnement des élèves en difficulté afin d’éviter le décrochage scolaire.
Faut-il repenser le redoublement ?
La question mérite d’être posée. Sans supprimer toute possibilité de redoublement, le gouvernement pourrait réfléchir à des mécanismes plus souples : soutien pédagogique renforcé, rattrapages, passerelles de réorientation et formations professionnelles adaptées.
L’objectif ne doit pas être uniquement de faire redoubler un élève, mais de lui permettre de construire un véritable projet d’avenir.
Le gouvernement interpellé
Ces suicides ne doivent plus être considérés comme de simples faits divers. Ils constituent un véritable problème de santé publique et d’éducation nationale.
Le gouvernement, à travers les ministères chargés de l’Éducation, de la Santé et de l’Action sociale, est appelé à engager une réflexion nationale sur la santé mentale des élèves. La réussite scolaire est importante, mais la vie d’un enfant l’est infiniment plus.
Chaque élève recalé mérite une seconde chance, une oreille attentive et l’espoir d’un avenir meilleur.
L’école doit former des citoyens, pas fabriquer des drames.























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