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TOGO : 15 ANS DU SYNJIT, LE JOURNALISME PRIVÉ AU BORD DE L’ASPHYXIE SOCIALE

par | Août 27, 2026 | Actualités

TOGO : 15 ANS DU SYNJIT, LE JOURNALISME PRIVÉ AU BORD DE L’ASPHYXIE SOCIALE

afriquenligne.tg

À l’occasion de ses 15 ans d’existence, le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) dresse un bilan particulièrement préoccupant de la situation sociale des professionnels des médias privés. Une enquête menée auprès de 69 journalistes révèle une profession confrontée à de faibles rémunérations, à l’instabilité de l’emploi et à une protection sociale insuffisante. Le syndicat appelle à des réformes urgentes pour préserver l’avenir du journalisme au Togo.

Le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) célèbre, ce 27 août 2026, ses quinze années d’existence. Créé le 27 août 2011, le syndicat affirme avoir consacré ces années à la défense de la dignité et des droits des professionnels de l’information au Togo. Mais pour cet anniversaire, le SYNJIT a choisi de mettre en avant une réalité qu’il juge préoccupante : la dégradation persistante des conditions sociales des journalistes du secteur privé.

Dans une déclaration publiée à cette occasion, le syndicat rappelle notamment la signature, le 14 octobre 2022, de la Convention collective des journalistes. Quatre ans après cet événement présenté comme historique, le SYNJIT dit avoir voulu mesurer l’écart entre les textes et la réalité vécue sur le terrain.

Entre avril et mai 2026, son bureau exécutif a ainsi conduit une enquête auprès de 69 journalistes actifs du secteur privé. Selon les résultats présentés dans la déclaration, le constat est sans appel : le journalisme privé togolais traverse une profonde crise sociale.

Des salaires qui plongent les journalistes dans la précarité

La question des revenus apparaît comme l’un des principaux sujets d’inquiétude. Selon l’enquête du SYNJIT, 91,3 % des journalistes interrogés gagnent moins de 100 000 FCFA par mois, tandis que 49,3 % vivent avec moins de 50 000 FCFA mensuels.

Pour le syndicat, ces chiffres traduisent une situation d’extrême précarité pour des professionnels dont le rôle demeure essentiel au fonctionnement de la démocratie et à l’information des citoyens.

À cette faiblesse des rémunérations s’ajoute une forte instabilité professionnelle. Le CDI demeure minoritaire, alors que 60,9 % des journalistes interrogés travaillent sous des formes précaires, notamment les CDD, la pige, les stages ou encore le bénévolat prolongé.

Le SYNJIT relève également des difficultés dans le paiement des salaires. Près de 38 % des répondants déclarent subir d’importants retards de paiement ou une irrégularité de leurs revenus.

Une protection sociale encore insuffisante

Autre sujet de préoccupation : la couverture sociale. Plus d’un journaliste sur deux interrogé travaillerait sans couverture CNSS ni assurance santé. Plus inquiétant encore, près de huit journalistes sur dix ne se projettent pas jusqu’à la retraite dans le métier.

Cette situation nourrit un sentiment de fragilité et remet en question la capacité du secteur à conserver durablement ses professionnels.

Le constat concernant l’avenir de la profession est particulièrement alarmant : 78,3 % des journalistes déclarent ne pas pouvoir rester dans le métier jusqu’à leur retraite. Pour le SYNJIT, cette situation traduit une véritable fuite des compétences vers d’autres secteurs d’activité, voire vers l’étranger.

Le syndicat indique par ailleurs que la satisfaction générale des journalistes interrogés ne dépasse pas 1,26 sur 5, tandis que le sentiment d’injustice salariale serait largement répandu.

Quatre mesures d’urgence réclamées

Face à cette situation, le SYNJIT estime qu’une réforme sociale du secteur ne peut plus être différée. « Sans réforme sociale immédiate », prévient-il, « l’information professionnelle va finir par s’effondrer totalement au Togo ».

Pour ses quinze ans, le syndicat affirme ne pas réclamer de cadeaux, mais l’application effective des textes existants. Il formule quatre principales revendications :

– la mise à jour, l’application stricte et le contrôle de la Convention collective sectorielle ;
– la fixation d’un salaire plancher professionnel jugé digne ;
– le conditionnement de l’aide publique aux médias à la déclaration CNSS de l’ensemble du personnel et à la régularité des salaires ;
– un encadrement juridique plus rigoureux des stages afin de mettre fin au bénévolat déguisé.

« Nous restons debout »

Au terme de sa déclaration, le SYNJIT rend hommage aux journalistes qui continuent d’exercer leur métier malgré les difficultés. Le syndicat assure rester mobilisé et déterminé à poursuivre son combat au cours des quinze prochaines années et au-delà.

Signée à Lomé le 27 août 2026 par le secrétaire général du Bureau exécutif national, Narcisse Dodzi Prince-Agbodjan, cette déclaration transforme ainsi le quinzième anniversaire du SYNJIT en véritable cri d’alarme sur les conditions de vie et de travail des journalistes du secteur privé togolais.

Pour le syndicat, l’enjeu dépasse désormais les seules revendications corporatistes : il s’agit de garantir la survie d’une presse professionnelle capable de remplir durablement sa mission d’information au service du public.

La rédaction

Yawo KLOUSSE

Yawo KLOUSSE

Journaliste, Directeur, Editeur du Site afriquenligne.tg

Journaliste et éditeur passionné par l’actualité africaine, il dirige Afriquenligne.tg avec l’ambition de livrer une information fiable, claire et proche du terrain.

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