TOGO : LA DMK APPELLE À UNE SORTIE DE CRISE PACIFIQUE ET À UNE MÉDIATION INTERNATIONALE
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Réunie en conférence de presse ce 26 août 2026, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) a appelé à une « sortie de crise pacifique » au Togo, tout en plaidant pour une médiation conjointe de l’ONU, de l’Union africaine et de la CEDEAO. Le regroupement politique conteste la légitimité de la Ve République, réclame la libération des détenus politiques, le retour des exilés et propose une transition inclusive fondée sur la « Refondation Éthique et Souveraine du Togo » (REST).
La crise politique togolaise demeure, selon la DMK, à un tournant décisif. Dans sa déclaration liminaire, la formation a estimé que le moment n’est plus aux « arrangements de coulisses » ni aux réformes unilatérales, mais à la recherche d’une issue politique pacifique, légale, inclusive et susceptible de garantir la stabilité du Togo et de la sous-région.
Placée sous le thème « Togo : urgence de sortie de crise pacifique et de sécurité stratégique mondiale », la conférence de presse a été l’occasion pour la DMK de réaffirmer son combat pour la souveraineté populaire et de présenter sa lecture de la situation politique, sociale et institutionnelle du pays.
La DMK s’appuie sur l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO
Au cœur de l’argumentaire développé par la DMK figure l’arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO, référencé ECW/CCJ/JUD/01/26. Selon la déclaration, cette décision aurait qualifié la réforme constitutionnelle du 25 mars 2024 de « changement anticonstitutionnel de gouvernement ».
La DMK affirme s’appuyer également sur l’arrêt ECW/CCJ/JUD/11/22 du 24 mars 2022, relatif à l’affaire Agbéyomé Kodjo contre la République togolaise. Elle estime que ces décisions constituent, dans sa lecture, une base juridique pour remettre au centre du débat la question de la souveraineté populaire et de la légitimité institutionnelle.
Le regroupement indique avoir saisi plusieurs institutions et acteurs internationaux, notamment le Conseil de sécurité des Nations unies, la Suisse, l’Union africaine, la CEDEAO ainsi que les membres permanents du Conseil de sécurité. Il demande notamment une mobilisation internationale autour de la question togolaise et la mise en place d’une médiation internationale.
Une médiation ONU-UA-CEDEAO pour organiser une transition
Pour la DMK, la sortie de crise passe par une médiation conjointe de l’ONU, de l’Union africaine et de la CEDEAO, à laquelle devraient participer les différentes forces représentatives de la société togolaise.
Cette médiation devrait, selon le regroupement, prendre en compte les conséquences qu’il attribue à l’arrêt de la CEDEAO du 29 janvier 2026 et permettre l’organisation d’une transition politique inclusive. La DMK précise que cette transition ne devrait être ni une confiscation du pouvoir ni une revanche, mais une période destinée à restaurer la confiance, sécuriser les libertés et préparer un nouvel ordre constitutionnel.
Cette perspective est présentée sous le concept de Refondation Éthique et Souveraine du Togo (REST), qui constitue désormais l’un des axes majeurs du projet politique défendu par l’écosystème de la DMK.
Prisonniers politiques, exilés et urgence sociale
La déclaration consacre également une place importante à la situation sociale. La DMK affirme que la crise politique ne peut être dissociée des difficultés vécues par les populations.
Elle évoque notamment les détenus pour des motifs politiques, les Togolais vivant en exil, la hausse du coût de la vie, la dégradation de certains services publics ainsi que les difficultés rencontrées par plusieurs catégories socioprofessionnelles.
Face à cette situation, le regroupement formule plusieurs exigences : la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers politiques et d’opinion, une amnistie générale pour les exilés ainsi que des mesures sociales d’urgence destinées notamment à soutenir le pouvoir d’achat et l’emploi.
La DMK réclame également un audit indépendant de la situation des pensions et des droits sociaux gérés par les caisses publiques, avec la mise en place d’un mécanisme de règlement des éventuels arriérés.
La question de la représentation financière du Togo
Autre volet développé lors de la conférence de presse : la responsabilité financière et économique de l’État.
La DMK pose la question de savoir au nom de quelle autorité sont prises les décisions engageant juridiquement et financièrement la Nation togolaise. Elle demande notamment une vigilance accrue sur les transactions financières et les accords portant sur les ressources du pays.
Le regroupement appelle ainsi les institutions financières et les autorités internationales de régulation à appliquer strictement leurs normes de conformité concernant les accords financiers ou miniers liés au Togo.
Le « Sika » et la vision économique de la REST
Dans sa vision de l’après-crise, la DMK met également en avant un projet de refondation économique et monétaire.
Elle annonce, dans le cadre du projet REST, la mise en œuvre d’une feuille de route articulée autour des 1 000 premiers jours. Celle-ci comprend notamment les Assises nationales, l’installation d’un gouvernement de la REST, l’adoption d’une nouvelle Constitution et la mise en place de nouveaux organes de l’État.
Sur le plan monétaire, la déclaration évoque le rétablissement de la loi de 1962 portant création de la Banque centrale du Togo et l’introduction d’une monnaie nationale baptisée « Sika ». La DMK présente également la Chambre africaine de Troc et de Compensation (CATROC) comme un instrument destiné à favoriser les échanges entre pays africains.
Le Mont Agou, nouvel axe stratégique
La déclaration réserve par ailleurs une place particulière au Mont Agou, présenté comme un élément stratégique du patrimoine naturel et géologique du Togo.
La DMK demande la réalisation d’une expertise scientifique internationale, indépendante et multidisciplinaire afin d’étudier certaines hypothèses géophysiques et géodynamiques concernant le massif. Elle indique que, si les recherches confirmaient les hypothèses avancées, elle proposerait une réflexion sur une éventuelle protection juridique internationale du Mont Agou.
La DMK précise toutefois qu’elle ne prétend pas apporter elle-même une réponse scientifique définitive et appelle à une expertise contradictoire associant notamment géophysiciens, géologues et spécialistes du champ magnétique terrestre.
Un appel à la communauté internationale
En conclusion, la DMK adresse un appel à plusieurs acteurs internationaux. Elle sollicite de l’ONU et du Conseil de sécurité une attention accrue à sa requête, appelle l’Union africaine à accompagner une médiation africaine et demande à la CEDEAO d’examiner les implications politiques et juridiques qu’elle attribue à l’arrêt du 29 janvier 2026.
Aux forces politiques et sociales togolaises, elle demande d’adhérer aux principes d’une transition inclusive et négociée. Quant au peuple togolais, elle l’invite à rester « mobilisé, vigilant, pacifique et déterminé » à exercer sa souveraineté.
Au terme de sa déclaration, la DMK affirme vouloir faire de la paix politique, de la justice sociale, de la souveraineté nationale et de la sécurité collective les quatre piliers de la sortie de crise. Elle appelle ainsi les filles et fils du Togo à un « Pacte de Souveraineté Nationale » devant, selon elle, ouvrir la voie à une transition politique inclusive et à une nouvelle étape de l’histoire du pays.
La rédaction























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