ALGASSIMOU DIALLO DÉFINITIVEMENT RÉVOQUÉ DE LA MAGISTRATURE
afriquenligne.tg
Coup de tonnerre dans l’appareil judiciaire guinéen. Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a prononcé, jeudi 20 août 2026, la révocation définitive d’Algassimou Diallo du corps de la magistrature. Une décision qui met fin à la carrière judiciaire de celui qui occupait encore, quelques jours auparavant, les fonctions d’avocat général près la Cour suprême.
La chute aura été particulièrement rapide. Le 18 août dernier, Algassimou Diallo avait été suspendu de ses fonctions pour « manquement à ses obligations statutaires ». Le dossier avait ensuite été transmis à la formation disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature. Deux jours plus tard, l’instance a statué à huis clos et retenu les griefs formulés contre lui.
Une sanction disciplinaire lourde
Dans sa décision, le CSM estime que les faits reprochés à Algassimou Diallo sont établis et constituent des manquements graves aux devoirs liés à son état, ainsi qu’à l’honneur, à la délicatesse et à la dignité attachés à la profession de magistrat.
La révocation a été prononcée sur le fondement des articles 20, 35 et 36 de la loi organique L/054/CNT/2013 du 17 mai 2013 portant Statut des magistrats. La décision doit être notifiée à l’intéressé, communiquée au ministère de la Justice et publiée conformément aux dispositions en vigueur.
Le rôle du garde des Sceaux
Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a expliqué que sa décision de suspendre le magistrat constituait une mesure conservatoire prévue par le statut des magistrats.
Selon le ministre, lorsqu’un magistrat est soupçonné d’avoir commis des faits susceptibles de constituer une faute disciplinaire, le garde des Sceaux peut procéder à sa suspension avant de saisir la formation disciplinaire du CSM. Il affirme que cette procédure n’était pas liée à la personne d’Algassimou Diallo, mais qu’elle aurait été appliquée à tout magistrat se trouvant dans une situation similaire.
« À partir de l’instant, il n’est plus magistrat », a déclaré le ministre après l’annonce de la décision disciplinaire.
Un audio avec Cellou Dalein Diallo au cœur des interrogations
L’affaire intervient alors qu’un enregistrement audio attribué à Algassimou Diallo circule largement sur les réseaux sociaux. Il s’agirait d’un échange avec Cellou Dalein Diallo, figure de l’opposition guinéenne vivant en exil.
Plusieurs médias guinéens présentent cet enregistrement comme un élément susceptible d’être lié à la procédure disciplinaire. Certaines informations évoquent notamment des considérations politiques et ethniques. Toutefois, la décision disciplinaire rendue publique ne détaille pas précisément, dans son extrait accessible, l’ensemble des faits à l’origine de la révocation. Il convient donc de distinguer les griefs officiellement retenus par le CSM des éléments rapportés dans la presse ou circulant sur les réseaux sociaux.
Une carrière judiciaire brutalement interrompue
La révocation intervient après une succession de changements dans la carrière d’Algassimou Diallo.
Il avait notamment été procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn et avait joué un rôle important dans le procès des événements du 28 septembre 2009. En novembre 2025, il avait été nommé procureur général près la Cour d’appel de Kankan. Il avait ensuite été nommé procureur près le tribunal de première instance de N’Zérékoré avant de rejoindre, en février 2026, la Cour suprême comme avocat général.
Quelques mois seulement après son arrivée à la Cour suprême, le voilà donc définitivement exclu du corps de la magistrature.
Une affaire qui soulève des interrogations
Au-delà du cas personnel d’Algassimou Diallo, cette décision intervient dans un contexte judiciaire et politique particulièrement sensible en Guinée. La rapidité de la procédure — suspension le 18 août, puis révocation le 20 août — attire déjà l’attention.
Pour l’heure, l’autorité judiciaire guinéenne considère que les manquements reprochés sont établis et suffisamment graves pour justifier la sanction maximale prévue dans le cadre disciplinaire. La décision marque ainsi une rupture majeure dans le parcours d’un magistrat qui occupait encore récemment l’une des fonctions importantes de la justice guinéenne.
Yawo KLOUSSE
























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