BLOLOZAN 2026 : BADOUGBÉ RÉUSSIT LE PARI DE L’UNITÉ ET DU DÉVELOPPEMENT
afriquenligne.tg
La première édition de la fête traditionnelle Blolozan s’est achevée dimanche 23 août 2026 à Badougbé, dans la commune Vo 2. Placée sous le signe de la paix, de l’unité, de la réconciliation et du développement, cette célébration a rassemblé les filles et fils de la cité lacustre autour d’une même identité. Au-delà des festivités, l’événement a été marqué par des initiatives concrètes en faveur du développement local.
Le Lycée de Badougbé a été, dimanche, le théâtre de la cérémonie de clôture de Blolozan 2026, première édition d’une fête traditionnelle désormais appelée à devenir le grand rendez-vous identitaire de la communauté. Chants, danses, discours, hommages et retrouvailles ont rythmé cette journée qui a réuni autorités administratives et traditionnelles, cadres, populations et invités.
Initiée conjointement par les chefferies de Kéta Badougbé et de Badougbé Adjomé, cette fête marque une nouvelle étape dans la vie communautaire. Elle met fin aux célébrations organisées séparément par la Fraternité de Badougbé Adjomé et l’Amicale de Kéta Badougbé, pour consacrer une manifestation commune à l’ensemble des filles et fils de Badougbé.
Une fête pour rassembler les filles et fils de Badougbé
Dans son discours de circonstance, le coprésident du comité d’organisation, Rémi Abiassi, a insisté sur la dimension historique et culturelle de Blolozan. Il a présenté Badougbé comme une terre cosmopolite où vivent en harmonie plusieurs communautés, notamment les Éwés, Kéta, Adangbé, Pédah, Guin, Mina et Ouatchi.
Selon lui, l’appellation Blolozan trouve son origine dans le poisson Blolo, qui aurait contribué à donner son nom à la localité. Sa célèbre sauce, le Bloloba, constitue également un élément du patrimoine culinaire de Badougbé.
« Ce nouvel élan prôné par nos chefs détermine aujourd’hui notre identité », a déclaré Rémi Abiassi, saluant la volonté des deux chefferies de fédérer durablement les enfants de la localité autour d’un patrimoine commun.
Le comité d’organisation a également rendu hommage aux générations précédentes, qui ont contribué à bâtir Badougbé grâce au principe du Self Help. Écoles, dispensaire, dépôt de pharmacie, poste devenu centre d’état civil, centre culturel, maison des jeunes et église catholique, aujourd’hui érigée en paroisse, figurent parmi les réalisations issues des efforts collectifs des habitants.
Le développement au cœur de Blolozan
La première édition de Blolozan n’a pas été seulement consacrée à la culture. Elle a également servi de cadre à la présentation des priorités de développement de la communauté.
Rémi Abiassi a salué les différentes actions menées ces dernières années avec l’appui de l’ancienne Première ministre Victoire Tomégah-Dogbé, native de Badougbé, ainsi que l’accompagnement des pouvoirs publics et du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé.
Parmi les prochaines priorités figurent notamment la mise en service de la nouvelle boulangerie et la réalisation de caniveaux destinés à faciliter l’évacuation des eaux pluviales vers le lac Togo.
Un hommage particulier a été rendu à Victoire Tomégah-Dogbé pour sa contribution au développement de sa localité. Très émue, l’ancienne cheffe du gouvernement a qualifié Blolozan de « jour de grâce », estimant que cette fête symbolise le pardon, la réconciliation et la fraternité.
« Nous sommes tous engagés pour faire avancer le développement de notre chère Badougbé. Si nous-mêmes commençons à bâtir notre cité, d’autres viendront également y contribuer », a-t-elle déclaré devant une foule enthousiaste.
Elle a par ailleurs invité les amis et sympathisants de Badougbé à revenir régulièrement dans la localité afin de participer à son rayonnement.
Une messe pour placer la fête sous le signe de la fraternité
La journée de clôture avait débuté par une messe d’action de grâce célébrée à la paroisse Saint-Pierre Claver de Badougbé. Les Révérends Pères Georges et Joël ont salué l’initiative visant à réunir toutes les composantes de la communauté autour d’une célébration commune.
Le Père Joël a invité les habitants à devenir eux-mêmes des acteurs du développement de leur cité.
« Le développement est la conjugaison de l’effort de tous les jours. Sa force réside dans la cohésion et l’engagement », a-t-il souligné, tout en rendant hommage aux pionniers de Badougbé aujourd’hui disparus.
« La Manne de Vo », une boulangerie au service de l’emploi
L’un des temps forts de cette première édition a été l’inauguration de la boulangerie La Manne de Vo, aménagée dans une partie de l’usine de transformation de manioc de Badougbé.
Cette infrastructure ambitionne de contribuer à la création d’emplois, à l’autonomisation économique des jeunes et à la production de richesses au profit de la communauté. Les jeunes désireux de se former au métier de boulanger sont invités à s’inscrire afin de bénéficier de cette opportunité.
La veille, samedi 22 août, la fête avait également été marquée par la pose de la première pierre des travaux d’aménagement et d’assainissement, témoignant de la volonté des organisateurs d’associer durablement la célébration culturelle à des projets concrets.
Une semaine de festivités populaires
Durant plusieurs jours, Badougbé a vibré au rythme d’un programme particulièrement riche. Au menu : opération Badougbé propre, tournoi de football, caravane à travers les quartiers et villages environnants, soirée culturelle avec des danses Agbadja, course de pirogues sur le lac Togo, marathon, compétition cycliste, méga-concert et bal populaire Night Jumping.
Les prestations des artistes Etom Tomégah, Toto Patrick et Domino ont également contribué à l’animation de cette première édition.
Présent à la cérémonie, le maire de Vo 2, Dominique Tomégah, fils du terroir, a salué la vision des deux chefs traditionnels et appelé l’ensemble des natifs de Badougbé à adhérer à cette dynamique collective.
Au terme de cette première édition, Blolozan apparaît ainsi comme bien plus qu’une simple fête traditionnelle. Elle se veut désormais un projet communautaire fondé sur l’unité, la réconciliation, la solidarité et le développement. Pour Badougbé, le pari est lancé : faire de son patrimoine culturel un moteur de cohésion et un levier durable de développement local.
























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