JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME AFRICAINE (JIFA)
31 JUILLET 2026
Par : AGUIAR AYODÉLÉ Victorine
64 ans de lutte : les diamants sont éternels
À l’occasion de la célébration de la Journée Internationale de la Femme Africaine (JIFA), le 31 juillet 2026, l’Afrique commémore soixante-quatre années de lutte, d’engagement et de conquêtes en faveur des droits des femmes. Placée sous le thème « Transmettre pour exister », cette édition invite à honorer celles qui ont ouvert la voie aux générations actuelles et futures.
Au Togo, cette journée constitue également une occasion privilégiée de rendre un vibrant hommage aux pionnières dont le courage, la vision et l’action ont marqué l’histoire politique, sociale, culturelle, administrative et institutionnelle de notre pays.
Il y a exactement soixante-quatre ans, le 31 juillet 1962, un congrès constitutif réunissait à Dar es-Salaam, en Tanzanie, des femmes venues des quatre coins du continent africain. Cette rencontre historique posa les bases d’un vaste mouvement continental : la Panafricaine des Femmes, devenue par la suite l’Organisation Panafricaine des Femmes (OPF).
Depuis lors, le 31 juillet est célébré comme la Journée Internationale de la Femme Africaine (JIFA), symbole de la lutte pour l’égalité des genres, l’émancipation des femmes et leur pleine participation au développement de l’Afrique.
Grâce aux combats menés par des générations de femmes engagées, les Africaines ont pu renforcer leur place dans les sphères politique, économique, sociale et culturelle, contribuant ainsi à la transformation du continent.
Cette année, le thème « Transmettre pour exister » met en lumière le rôle essentiel des femmes africaines et afrodescendantes dans la transmission des patrimoines, des savoirs, des valeurs, des traditions et de la mémoire collective.
Au-delà de cette thématique, il est de notre devoir de rendre un hommage appuyé aux pionnières du féminisme, du leadership et de l’engagement public au Togo. Leur résilience, leur détermination et leurs contributions dans tous les domaines de la vie nationale ont permis de bâtir un avenir plus juste, plus inclusif et plus égalitaire.
À toutes ces femmes d’exception, nous exprimons notre profonde gratitude pour leur courage et leur engagement dans la lutte contre les inégalités de genre et toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.
Soixante-quatre années déjà !
À leur époque, elles ont osé défier les mentalités, briser les barrières et surmonter les pesanteurs socioculturelles pour tracer leur propre voie. Aujourd’hui, ces femmes, devenues pour certaines grands-mères, mères ou grandes sœurs, demeurent des modèles pour nos enfants et les générations futures.
Elles sont des pionnières, des bâtisseuses, des repères et des sources d’inspiration. À ce titre, nous avons le devoir de leur rendre l’honneur et la reconnaissance qu’elles méritent, qu’elles aient été des précurseures visibles ou des artisanes discrètes de notre histoire collective.
À celles qui nous ont précédés dans l’au-delà, nous rendons un hommage respectueux. Elles n’ont pas vécu en vain. Elles ont semé les graines d’un avenir meilleur dont les fruits continuent de nourrir le Togo d’aujourd’hui et de demain, ainsi que l’Afrique tout entière. Chacune détient une part précieuse de notre mémoire collective.
À l’occasion de ce jubilé de diamant, nous nous engageons à mieux faire connaître leurs parcours, à valoriser leurs réalisations et à transmettre leur héritage aux jeunes générations. Il s’agit également de susciter des vocations, d’encourager celles qui s’investissent déjà dans la vie publique à poursuivre leurs efforts et d’inciter celles qui hésitent encore à s’engager avec courage et détermination dans la gestion des affaires publiques pour le bien commun.
Les pionnières togolaises de l’engagement public
Les femmes togolaises n’ont pas attendu les grandes conférences internationales de Mexico, Copenhague, Nairobi ou Addis-Abeba pour s’imposer dans l’arène politique, administrative, judiciaire, culturelle et sociale. Contrairement à certaines idées reçues, elles n’étaient pas de simples figurantes ; elles occupaient déjà des postes stratégiques et contribuaient pleinement à la construction nationale.
Mme Madoe Sivomey née Gbikpi Benissan
Première femme maire de la ville de Lomé de 1967 à 1974. Sous son mandat, un accord de jumelage fut signé en 1974 entre les villes de Lomé et de Duisburg en Allemagne.
Mme Biyémi Brigitte Kekey
Présidente de la Cour suprême du Togo, première femme ministre du Togo en 1975 et ancienne ambassadrice du Togo aux États-Unis.
Me Adjoavi Thompson Trénou
Avocate à la Cour du Togo, elle a représenté le pays lors de nombreux colloques, forums et rencontres internationales en Afrique, en Europe et en Amérique.
Mme Georgette Ahlonkoba Aithnard
Ancienne ministre des Affaires sociales, de la Condition féminine et de l’Alphabétisation. Elle a également été représentante résidente de l’UNICEF au Niger et ministre-conseillère auprès du Président de la République.
Mme Awa Nana Daboya
Magistrate de profession, elle fut Présidente de la Cour d’appel du Togo, Médiatrice de la République et présidente du Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN).
Mme Adjoa Mivedor
Sage-femme d’État et ancienne Présidente de la Croix-Rouge Togolaise.
Mme Régine Gbedey
Première Togolaise diplômée de l’École Nationale d’Administration.
Mme Régina Savi de Tové
Première Présidente de la Croix-Rouge Togolaise. Son engagement a contribué au développement des actions humanitaires et sociales dans notre pays.
Mme Rita Télé Amendah
Première femme professeure de Lettres et de Philosophie au Togo. Elle a marqué plusieurs générations par son engagement dans l’éducation et la transmission du savoir.
Me Sylvia Hundt Aquereburu
Première femme notaire du Togo et première responsable du regroupement des notaires togolais. Elle a largement contribué au rayonnement du notariat togolais sur la scène internationale, notamment au sein de l’Union Internationale du Notariat Latin.
Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson
Ancienne ministre chargée de la Solidarité nationale et des Droits de l’Homme, elle demeure la première femme candidate à une élection présidentielle au Togo en 2010. Elle a également siégé dans plusieurs législatures et occupé d’importantes responsabilités nationales et internationales.
Bella Bellow (Georgette Nafiatou Adjoavi)
Icône de la musique togolaise, elle fut l’une des premières artistes à faire rayonner le nom du Togo au-delà des frontières africaines et à promouvoir la culture togolaise sur la scène internationale.
Mme Dweggah Ywassa Philomène
Première femme chargée de mission au ministère des Affaires étrangères du Togo et fondatrice du SELT. Son engagement a contribué à la promotion du leadership féminin et du développement national.
Me Acouetey Massan Loretta née d’Almeida
Première femme avocate du Togo. Elle a exercé les fonctions de Bâtonnier de l’Ordre des Avocats et de ministre chargée des Droits de l’Homme.
Mme Massan Dagadzi
Ancienne ministre déléguée à la Présidence de la République chargée des Relations avec le Parlement. Elle a représenté à plusieurs reprises le gouvernement togolais lors de grandes rencontres nationales et internationales.
Mme Virginie Ahodikpe
Magistrate de profession, elle fut la première femme substitut du Procureur de la République de 1978 à 1982, ouvrant ainsi la voie à de nombreuses femmes dans la magistrature togolaise.
Un héritage à préserver et à transmettre
En cette Journée Internationale de la Femme Africaine, saluons la mémoire de ces femmes remarquables ainsi que celle de toutes celles qui, dans l’ombre ou sous les projecteurs, ont contribué à l’émancipation des femmes, à la promotion de l’égalité des chances et au développement du Togo.
À travers leurs parcours exemplaires, leur courage, leur détermination et leur sens du devoir, elles ont démontré que les femmes sont des actrices incontournables du progrès social, économique, politique et culturel de notre nation.
Leur héritage constitue une source d’inspiration pour les générations présentes et futures. Préserver leur mémoire, valoriser leurs réalisations et transmettre leurs valeurs est une responsabilité collective.
En ce jubilé de diamant de la Journée Internationale de la Femme Africaine, renouvelons notre engagement à poursuivre leur combat pour une société plus juste, plus inclusive, plus solidaire et plus égalitaire.
Bonne célébration de la Journée Internationale de la Femme Africaine 2026 !
« Transmettre pour exister »























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