TOGO /ENVIRONNEMENT : L’ASSOCIATION ZÉRO DÉCHET PLASTIQUE (ZDP-TOGO) MOBILISE LES FEMMES DU MARCHÉ D’ATIKPODJI CONTRE LES SACHETS PLASTIQUES
afriquenligne.tg
À travers une campagne de sensibilisation organisée au marché d’Atikpodji, dans le cadre des activités de l’association Zéro Déchet Plastique-Togo (ZDP-TOGO), le conseiller municipal de Golfe 4, Gérard Djossou, a appelé les commerçantes à réduire considérablement l’utilisation des sachets plastiques. Objectif : protéger la santé des populations, préserver l’environnement et promouvoir des solutions alternatives plus écologiques.
Les femmes du marché d’Atikpodji ont répondu nombreuses à l’appel de l’association Zéro Déchet Plastique-Togo (ZDP-TOGO). Cette rencontre de sensibilisation, placée sous le signe de la protection de l’environnement et de la santé publique, a permis d’attirer l’attention des commerçantes sur les dangers liés à l’utilisation abusive des sachets plastiques dans les activités commerciales quotidiennes.
La séance s’est déroulée en présence de Gérard Djossou, conseiller municipal de Golfe 4 et président de l’association ZDP-TOGO, de la vice-présidente du marché d’Atikpodji, Tisseglo Firmine, du président du Comité de développement de quartier (CDQ), ainsi que de plusieurs responsables. Le bureau exécutif de l’association était également largement représenté, avec la participation de membres du corps médical.
Les sachets plastiques, une menace pour la santé et l’environnement
Prenant la parole, Gérard Djossou a fait constater la présence massive de déchets plastiques de différentes couleurs qui jonchent les espaces du marché et circulent dans l’environnement. Il a particulièrement insisté sur l’utilisation des sachets plastiques pour emballer les produits alimentaires, notamment les aliments encore chauds.
Selon lui, cette pratique soulève des préoccupations sanitaires, certains plastiques pouvant libérer des substances chimiques lorsqu’ils sont exposés à la chaleur. Il a ainsi invité les bonnes dames du marché à adopter des comportements plus responsables, en privilégiant des emballages adaptés et en limitant le recours aux sachets plastiques.
« Les sachets sont produits à base de pétrole. Lorsque vous consommez des produits chauds emballés dans ces sachets, vous vous exposez à des risques pour votre santé », a-t-il expliqué en substance, appelant les commerçantes à prendre conscience des conséquences possibles de leurs habitudes quotidiennes.
Le président de ZDP-TOGO a également attiré l’attention sur les déchets issus des sachets d’eau et d’autres emballages plastiques, qui contribuent à la pollution des espaces publics.
Pour réduire cette pollution, il a conseillé aux femmes de se rendre au marché avec des sacs réutilisables et de privilégier, lorsque cela est possible, les emballages en papier ou les feuilles adaptées à la conservation des produits.
Il a par ailleurs rappelé que les sachets plastiques non biodégradables peuvent persister dans l’environnement pendant plusieurs siècles, avec des conséquences durables sur les sols, les cours d’eau et les ouvrages d’assainissement.
Tisseglo Firmine appelle à changer les habitudes
Intervenant à son tour, Tisseglo Firmine, vice-présidente du marché d’Atikpodji, a abondé dans le même sens que le président de l’association ZDP.-TOGO
Elle a mis l’accent sur les conséquences néfastes que peut entraîner une mauvaise gestion des déchets plastiques, tant pour la santé des populations que pour la propreté du cadre de vie.
Elle a invité les femmes du marché à prendre leurs responsabilités en abandonnant progressivement les sachets plastiques au profit d’alternatives plus respectueuses de l’environnement, notamment les emballages en papier et les feuilles appropriées.
Son intervention a permis de renforcer le message central de cette campagne : la lutte contre la pollution plastique nécessite un changement des comportements individuels, mais aussi une mobilisation collective des commerçantes, des responsables de marchés et des communautés.
Gérard Djossou : « Notre objectif est d’arriver à un Togo zéro déchet plastique »
Face aux micros, Gérard Djossou est revenu sur les motivations et les ambitions de l’association Zéro Déchet Plastique Togo, portée sur les fonts baptismaux il y a environ trois mois.
Il a expliqué que la structure entend lutter efficacement contre l’utilisation abusive des sachets plastiques et contribuer à la préservation de l’environnement à travers des actions de proximité, notamment des campagnes de sensibilisation dans les marchés et les quartiers.
« Notre écosystème est pollué. À la plage, les trois quarts des déchets sont constitués de sachets plastiques », a-t-il affirmé, soulignant les conséquences de cette pollution sur les installations et les ouvrages d’assainissement.
Selon lui, l’accumulation des déchets plastiques contribue à l’obstruction des caniveaux et des ouvrages de drainage, aggravant ainsi les risques d’inondation dans certaines localités.
Face à cette situation, le président de ZDP-TOGO a exposé la vision de son association : parvenir à des villes, des quartiers, des régions et, à terme, à un Togo débarrassé des déchets plastiques.
Il a également plaidé pour l’application effective de la loi de 2008 relative à la prévention et à la gestion des déchets, notamment en ce qui concerne les dispositions applicables aux sachets plastiques non biodégradables. Il a estimé que le renforcement de l’application des textes en vigueur constitue un levier important pour limiter la production et la circulation de ces emballages.
Pour Gérard Djossou, la sensibilisation doit aller de pair avec la recherche de solutions concrètes. C’est dans cette perspective qu’il a évoqué la promotion de l’économie circulaire, qui consiste à valoriser les déchets en leur donnant une seconde vie.
La transformation des déchets plastiques en matériaux utiles, notamment en pavés écologiques, figure parmi les pistes de valorisation qu’il a citées.
Vers une valorisation financière des déchets plastiques
Au-delà de la sensibilisation, l’association ZDP-TOGO réfléchit également à des mécanismes susceptibles d’encourager les populations à participer activement à la collecte des déchets plastiques.
Gérard Djossou a notamment évoqué une proposition consistant à instaurer un système de rémunération au kilogramme de déchets plastiques collectés.
L’idée serait de permettre aux citoyens de ramasser les sachets abandonnés dans les rues, les marchés et les espaces publics, puis de les remettre dans un circuit de collecte en contrepartie d’une rémunération.
Le président de ZDP-TOGO a indiqué que des mécanismes de ce type existent dans des pays voisins, citant notamment le Ghana. Il a évoqué un prix de 200 F CFA par kilogramme, un montant qui, selon lui, mérite d’être examiné dans le cadre des réflexions en cours.
Il a annoncé que son association envisage de saisir les parlementaires afin de porter cette proposition et de contribuer à l’élaboration d’un dispositif juridique favorisant la collecte et la valorisation des déchets plastiques.
Cette approche vise à faire de la lutte contre la pollution plastique non seulement une exigence environnementale, mais également une opportunité de création d’activités génératrices de revenus.
La trésorière générale et le secrétaire général réaffirment les ambitions de ZDP-TOGO
La campagne de sensibilisation s’est poursuivie avec l’intervention de la trésorière générale de l’association ZDP,-TOGO Madame Ativo Adzowa Lauria
S’exprimant en langue locale afin de toucher un public plus large, elle a repris les principaux messages développés au cours de la rencontre. Son intervention a notamment porté sur les dangers liés à l’utilisation des sachets plastiques, la nécessité de protéger la santé des populations et l’importance d’adopter des pratiques respectueuses de l’environnement.
Le dernier intervenant, AGBEKO Yawovi Jean-Paul, secrétaire général de l’association ZDP-TOGO, a, pour sa part, réaffirmé les objectifs de la structure. Il a insisté sur la nécessité de mobiliser les populations autour de la lutte contre les déchets plastiques et de promouvoir des comportements responsables dans les marchés et les quartiers.
À travers ces différentes interventions, les responsables de l’association ont voulu faire comprendre aux commerçantes que la lutte contre la pollution plastique ne peut réussir sans leur participation active.
Un engagement collectif pour un environnement plus sain
La mobilisation des femmes du marché d’Atikpodji constitue une étape dans la stratégie de proximité de l’association ZDP. En ciblant les commerçantes, qui utilisent quotidiennement des emballages pour la vente des produits alimentaires et d’autres marchandises, l’association entend agir au cœur des habitudes qui contribuent à la prolifération des déchets plastiques.
Pour Gérard Djossou et son équipe, le défi consiste désormais à multiplier les actions de sensibilisation, à promouvoir les emballages alternatifs et à encourager les initiatives de collecte et de valorisation des déchets.
L’ambition affichée est claire : réduire progressivement l’utilisation des sachets plastiques, améliorer la salubrité des marchés et contribuer à la protection durable de l’environnement au Togo.
Le message adressé aux femmes d’Atikpodji est sans équivoque : protéger l’environnement commence par des gestes simples, mais leur efficacité dépend de l’engagement de tous.
Yawo KLOUSSE
























0 commentaires