TOGO : HOMMAGE AUX MARTYRS DE LA LUTTE DÉMOCRATIQUE ET ANNONCE D’UN GRAND MEETING LE 20 NOVEMBRE 2026
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À l’occasion de la commémoration des 36 ans du soulèvement populaire du 5 octobre 1990, lors d’une rencontre tenue au siège de la CDPA, l’avocat Maître Célestin AGBOGAN, président de la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH), a rendu un vibrant hommage aux martyrs de la lutte démocratique, aux responsables politiques disparus, aux femmes engagées et aux personnalités contraintes à l’exil. Dans le même élan, Ouro Djikpa a lancé un appel à la mobilisation en annonçant un grand meeting prévu le 20 novembre 2026, présenté comme une journée d’avertissement, dans l’esprit des mobilisations historiques des femmes de 1933 et du soulèvement du 5 octobre 1990.
Maître Célestin AGBOGAN ravive la mémoire des martyrs
Dans une intervention empreinte d’émotion et de gravité, Maître Célestin AGBOGAN a invité les participants à se souvenir de celles et ceux qui ont payé de leur vie leur engagement dans la lutte pour la liberté, la démocratie et le respect des droits humains au Togo.
Son hommage a notamment été adressé à Tavio Amorin, Bertin Folly, Gaston Edé, Mathieu Kégbé, Atsutsè Agbobli et Joël Vignon Egah, ainsi qu’aux 19 victimes de la lagune de Bè, dont le souvenir demeure associé aux pages douloureuses de l’histoire politique togolaise.
L’avocat a également évoqué les soldats Kodjo Epou et Vincent Tokofai, les victimes des événements de Fréau Jardin, ainsi que les personnes tuées lors des violences qui ont marqué différentes périodes de l’histoire nationale.
Évoquant les lendemains du décès du général Gnassingbé Eyadéma, il a rappelé les massacres qui ont accompagné la crise politique et la succession au pouvoir, avec des centaines de Togolais tués selon les bilans évoqués dans le cadre de cette intervention. Il a également rendu hommage aux victimes de la lutte menée par les mouvements de l’opposition, notamment celles associées à la C14 et aux manifestations du mouvement M66.
La mémoire des enfants Douti et Synandaré, cités parmi les victimes d’assassinats, ainsi que celle de Kokou Zoumeke, a également été honorée. À travers ces noms, c’est toute une nation meurtrie que l’orateur a appelée à ne pas oublier les sacrifices consentis au fil des années.
« Que leurs âmes veillent sur le peuple togolais » : tel est le sens de cet hommage aux disparus, dont les sacrifices continuent d’interpeller les générations présentes et futures.
Des figures politiques disparues, mais toujours présentes dans les mémoires
L’hommage de Maître Célestin AGBOGAN s’est étendu aux responsables politiques qui ont marqué l’histoire de la lutte démocratique togolaise et qui ne sont plus de ce monde.
Parmi eux figurent Djobo Boukari, Edem Kodjo, Okansey, Bona Kétéwouli, Agboyibo et Bob Akitani. Des parcours différents, des engagements parfois distincts, mais des noms qui demeurent associés à l’histoire politique du pays.
L’orateur a également évoqué les personnalités décédées en exil, notamment Monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro, Agbéyomé Kodjo et Massémé, rappelant ainsi la dimension douloureuse de l’exil politique et les séparations qu’il impose aux familles et aux communautés.
À travers cet hommage, il s’agissait de rappeler que la mémoire nationale ne saurait se limiter aux seuls événements récents. Elle doit également conserver les traces des combats politiques, des engagements citoyens et des épreuves traversées par celles et ceux qui ont aspiré à un changement au Togo.
Une reconnaissance particulière aux femmes combattantes
Dans son intervention, le président de la LTDH a accordé une place particulière aux femmes, dont le rôle dans les mobilisations populaires et la résistance politique mérite, selon l’esprit de son message, d’être davantage reconnu.
La révolte des femmes de 1933 a été rappelée comme une référence historique majeure de la mobilisation populaire au Togo. Aux côtés de cette mémoire collective, plusieurs femmes ont été citées : Mme Monika, Mme Foussena, Moussa et Mme Amenouvo.
L’hommage s’est également étendu à Mme Madeleine Adouayomé, Amavigan, Grâce Bikoni et Amavi Katanga.
Ces noms témoignent de la contribution des femmes aux combats pour la dignité, la justice et la liberté. Leur engagement rappelle que les grandes avancées politiques ne sont pas uniquement portées par les dirigeants et les partis, mais aussi par des citoyennes qui, souvent au prix de lourds sacrifices, prennent part aux mouvements de contestation et aux revendications populaires.
La référence à 1933 prend ainsi une résonance particulière dans la perspective du rendez-vous annoncé pour le 20 novembre 2026.
Aux combattants encore vivants : le devoir de poursuivre le combat
L’hommage ne s’est pas limité aux disparus. Maître Célestin AGBOGAN a également évoqué les personnalités toujours vivantes, mais éprouvées par les années de lutte.
Parmi elles figurent le professeur Léopold Gnininvi, le professeur Amah, Magloire Kouakouvi et Koffi Yamgnane, ainsi que d’autres acteurs de la vie politique dont les noms restent attachés aux combats pour la démocratie.
Cette reconnaissance souligne la nécessité de considérer les sacrifices non seulement à travers les pertes en vies humaines, mais aussi à travers les années d’engagement, les difficultés personnelles et les épreuves accumulées par les acteurs de la lutte politique.
Le message est également un appel à la transmission. Les nouvelles générations sont invitées à connaître les parcours de leurs aînés, à comprendre les raisons de leurs engagements et à mesurer les responsabilités qui leur incombent dans la construction de l’avenir du pays.
Les leaders politiques et journalistes en exil : une autre forme de sacrifice
L’exil politique et professionnel a également occupé une place importante dans cette séquence d’hommage.
Parmi les responsables politiques cités figurent Isidore Latsooo, Éloire Koussawo, Antoine Nadjombé et Kpandé Adjare. Leurs situations rappellent que, pour certains acteurs, l’engagement politique s’accompagne d’un éloignement forcé ou prolongé de leur pays.
Le monde des médias n’a pas été oublié. Ferdinand Ayité, Isidore Kouwonou, Gato Éric et Zeus Aziadouvo ont été cités parmi les journalistes en exil.
Leur évocation met en lumière les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les professionnels de l’information dans l’exercice de leur métier, notamment lorsque le contexte politique ou sécuritaire les contraint à quitter leur pays.
À cet hommage se sont ajoutés les noms de Jean-Paul Omolou, Gnakadé et du sergent Kossi Aglan, également mentionnés au cours de l’intervention.
En réunissant dans une même séquence les victimes, les responsables politiques, les femmes combattantes, les exilés et les professionnels des médias, Maître Célestin AGBOGAN a voulu donner à son message une portée collective : celle d’une lutte dont l’histoire est faite de sacrifices individuels et d’aspirations partagées.
« La lutte est longue, mais elle ne sera pas vaine »
Au terme de cet hommage, Maître Célestin AGBOGAN a exhorté les participants à rester à la hauteur des sacrifices consentis par les générations précédentes.
Le président de la LTDH a rappelé cette conviction selon laquelle, malgré la longueur des épreuves, l’espérance demeure possible. Une idée qui fait écho à la célèbre déclaration de Sylvanus Olympio : « La nuit est longue, mais le jour vient. »
Cette référence à l’ancien président togolais a servi de fil conducteur à un appel à la persévérance et à la fidélité aux idéaux de liberté.
« Soyons à la hauteur des sacrifices », tel est, en substance, le message adressé aux participants. L’orateur a invité chacun à mesurer la responsabilité qui lui revient dans la poursuite de la lutte, sans oublier celles et ceux qui ont payé un lourd tribut pour leurs convictions.
Dans la conclusion de son intervention, Maître Célestin AGBOGAN a lancé un appel à la liberté et à la fin de l’oppression, en évoquant l’aspiration du peuple togolais à voir s’ouvrir une nouvelle page de son histoire.
Son message se veut à la fois un hommage aux disparus et un encouragement aux vivants : la mémoire des martyrs ne doit pas être seulement célébrée, mais aussi servir de boussole aux engagements présents.
Ouro Djikpa annonce un grand meeting le 20 novembre 2026
Dans le prolongement de cet hommage, Ouro Djikpa a pris la parole pour adresser des mots de motivation aux participants et annoncer une nouvelle étape de mobilisation.
Il a fait état de la tenue d’un grand meeting le 20 novembre 2026, présenté comme une journée d’avertissement. Selon son annonce, ce rendez-vous entend s’inscrire dans la tradition des grandes mobilisations populaires qui ont marqué l’histoire politique du Togo.
L’orateur a expressément fait référence à la mobilisation des femmes de 1933 et au soulèvement populaire du 5 octobre 1990, deux repères historiques auxquels il rattache l’esprit de la mobilisation projetée.
Cette annonce donne une dimension nouvelle à la rencontre organisée au siège de la CDPA. Au-delà du devoir de mémoire, il s’agit de projeter les aspirations exprimées vers une échéance concrète, en invitant les citoyens à se mobiliser autour des idéaux de liberté, de justice et de démocratie.
Le 20 novembre 2026 est ainsi présenté comme un rendez-vous destiné à interpeller les consciences et à rappeler que les revendications démocratiques demeurent au cœur du débat politique national.
Les modalités pratiques du meeting, notamment l’heure et le lieu précis, restent à communiquer par les organisateurs.
« Un serment collectif » : proclamer sa foi dans la lutte
La rencontre a également été marquée par une proclamation collective de foi dans la lutte. Les participants ont été invités à se lever volontairement pour affirmer ensemble leur attachement aux idéaux de libération du peuple togolais.
Dans cette déclaration, les citoyennes et citoyens sont appelés à se regarder « droit dans les yeux », la main sur le cœur ou portant drapelet, le poing levé, afin de manifester leur détermination et leur fidélité aux idéaux de la lutte.
Le texte proclame un engagement envers les jeunes et les générations futures : briser les chaînes de la trahison, lutter sans défaillance jusqu’à la fin de la dictature et instaurer un État de droit garant du bien-être de chaque Togolaise et de chaque Togolais.
La déclaration s’achève sur une formule qui résume l’esprit de cette mobilisation :
« CECI EST NOTRE ENGAGEMENT, CECI EST NOTRE FOI ! »
Au-delà de sa dimension symbolique, cette proclamation entend traduire une volonté de continuité entre les générations de militants, les sacrifices des martyrs et les aspirations de celles et ceux qui poursuivent aujourd’hui le combat démocratique.
Un rendez-vous entre mémoire, engagement et avenir
De l’hommage rendu aux martyrs à la reconnaissance des femmes combattantes, des personnalités politiques disparues aux leaders et journalistes en exil, la rencontre au siège de la CDPA a été placée sous le signe du souvenir et de la détermination.
Les interventions de Maître Célestin AGBOGAN et d’Ouro Djikpa ont convergé vers une même idée : les sacrifices consentis au cours de l’histoire politique togolaise doivent continuer d’interroger la conscience collective et nourrir les engagements de demain.
La proclamation collective de foi dans la lutte a donné une expression solennelle à cette volonté de poursuivre le combat pour un État de droit, la liberté et le bien-être des populations.
Le 20 novembre 2026, avec le grand meeting annoncé par Ouro Djikpa, les organisateurs entendent franchir une nouvelle étape de mobilisation. En faisant référence à 1933 et au 5 octobre 1990, ils inscrivent cette échéance dans une mémoire nationale marquée par des mouvements populaires et des revendications de changement.
Reste désormais à transformer cet appel en une mobilisation à la hauteur des ambitions affichées. Car, comme l’a rappelé le message porté au cours de la rencontre, la lutte peut être longue, mais l’espérance demeure : « La nuit est longue, mais le jour vient. »
Yawo KLOUSSE






















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