KARA : DANS LES MONTAGNES DE KOUMONDÉ, LE FUTUR RÉSERVOIR D’EAU SE DESSINE
À plusieurs kilomètres des premières habitations, au cœur des montagnes de Koumondè, le site de Sara se prépare à jouer un rôle stratégique dans le futur système d’alimentation en eau potable de la ville de Kara. C’est sur ce site que doit être aménagée la prise d’eau N°1 du projet, avec une retenue destinée à sécuriser la ressource avant son traitement et son acheminement vers les populations.
La particularité du site réside surtout dans sa position géographique. Situé en hauteur, il devrait permettre, après traitement, une distribution de l’eau en partie par gravité, réduisant ainsi le recours au pompage et, potentiellement, les coûts énergétiques liés à l’exploitation du réseau.
Pour atteindre Sara, il faut parcourir plusieurs kilomètres à travers la brousse et un relief difficile d’accès. Mais une fois sur place, l’altitude apparaît comme l’un des principaux atouts du futur ouvrage.
C’est dans cette zone des montagnes de Koumondè que le ministre délégué auprès du ministre de l’Aménagement du Territoire, chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a conduit une délégation technique pour visiter le site destiné à accueillir la prise N°1 du nouveau système d’adduction d’eau potable de Kara.
La délégation comprenait notamment Yawo Ewoenam Zégue, secrétaire général par intérim du ministère, ainsi que Djibril Soulemana Hamissou, directeur de la Planification, des Études et des Travaux à la SP-EAU.
Sara, un site stratégique pour Kara
Le futur dispositif repose sur deux principaux sites de captage. Celui de Sara constitue l’une des pièces maîtresses de cette nouvelle architecture hydraulique.
« Nous sommes sur le site où il est prévu de faire la prise N°1 pour l’adduction d’eau potable de la ville de Kara », a expliqué Séna Alipui lors de la visite.
Le projet prévoit notamment la construction d’une digue permettant de constituer une réserve d’eau. Cette retenue doit contribuer à sécuriser l’approvisionnement durant les différentes périodes de l’année, notamment lorsque les débits diminuent.
L’objectif est donc de ne plus dépendre uniquement des variations saisonnières de la ressource. L’eau captée devra être stockée, traitée puis intégrée au réseau d’adduction destiné à desservir Kara et plusieurs localités environnantes.
Les documents de passation des marchés de la Société de patrimoine eau et assainissement en milieu urbain et semi-urbain (SP-EAU) prévoient plusieurs catégories d’ouvrages, notamment le captage, le traitement, le stockage ainsi que les réseaux d’adduction et de distribution.
Le projet représente un investissement global d’environ 27 milliards de francs CFA, avec l’appui notamment du Fonds koweïtien pour le développement économique arabe et de la Banque islamique de développement.
Il devrait permettre d’améliorer la desserte en eau potable de plus de 200 000 personnes, soit environ 40 000 ménages, dans la ville de Kara et plusieurs localités environnantes. Le taux d’accès à l’eau potable dans la ville devrait, selon les objectifs annoncés, passer d’environ 50 % à 75 %.
Une retenue pour sécuriser la ressource
La construction d’une digue à Sara constitue l’un des éléments importants du projet. Elle doit permettre de disposer d’une réserve d’eau mobilisable lorsque les conditions hydrologiques deviennent moins favorables.
Cette capacité de stockage est particulièrement importante dans une région où l’approvisionnement peut être affecté par les variations saisonnières.
Le principe est de capter la ressource, de la stocker, de la traiter puis de l’acheminer vers les zones desservies. Une organisation qui doit permettre de renforcer la régularité du service d’eau potable.
La gravité comme alliée
L’un des principaux atouts du site de Sara réside dans sa topographie.
Selon les explications données lors de la visite, le point de captage se situe à une altitude supérieure à celle de Bafilo et du périmètre destiné à être desservi. Cette différence d’altitude pourrait permettre à l’eau, une fois traitée, de circuler naturellement vers les zones de consommation.
« De ce site jusqu’à la population, on a 30 km. Ce sera facile parce qu’ici, nous sommes en élévation », a indiqué le ministre Séna Alipui.
Cette configuration pourrait constituer un avantage important pour l’exploitation du futur système. Le recours limité au pompage sur certaines portions du réseau pourrait contribuer à réduire la consommation énergétique et à faciliter l’acheminement de l’eau.
Cependant, la gravité ne suffira pas à elle seule. Le projet nécessite la réalisation d’un ensemble d’infrastructures comprenant les ouvrages de captage, les conduites, la station de traitement, les équipements hydrauliques et les réservoirs.
22 000 m³ d’eau par jour à terme
Les données techniques publiées dans le cadre des marchés font notamment état, pour certaines composantes, d’une capacité de captage pouvant atteindre 500 m³ par heure, d’une nouvelle station de traitement d’environ 10 000 m³ par jour et d’un réservoir de 5 000 m³ à Kara-Sud.
À terme, la capacité globale de production d’eau potable devrait passer d’environ 12 000 à 22 000 m³ par jour.
Cette augmentation doit permettre de renforcer significativement la capacité du réseau et d’accompagner l’évolution des besoins des populations de Kara et des localités environnantes.
Le défi de la saison sèche
La création d’une retenue à Sara répond également à un enjeu majeur : garantir la disponibilité de l’eau lorsque les précipitations diminuent.
La construction de la digue doit permettre de constituer une réserve mobilisable pendant les périodes de faible débit. Pour les autorités, cette sécurisation de la ressource constitue une réponse aux limites du dispositif actuel d’alimentation de Kara.
La mobilisation des eaux de la rivière Sara n’est d’ailleurs pas une idée nouvelle. Les documents de planification de la SP-EAU l’identifiaient déjà comme une piste susceptible de renforcer durablement l’approvisionnement en eau potable de la ville.
La visite effectuée sur le terrain traduit ainsi le passage d’une solution envisagée dans les documents de planification à une phase concrète de mise en œuvre.
27 milliards FCFA pour renforcer le réseau
Le projet global représente environ 27 milliards de francs CFA. Son financement est assuré notamment avec l’appui du Fonds koweïtien pour le développement économique arabe et de la Banque islamique de développement.
Au-delà des ouvrages de captage, l’investissement couvre un ensemble d’infrastructures nécessaires au fonctionnement du futur système : traitement de l’eau, stockage, adduction et distribution.
L’ambition affichée est d’améliorer l’accès à l’eau potable pour plus de 200 000 personnes, correspondant à environ 40 000 ménages, tout en portant le taux d’accès dans la ville de Kara de 50 % à 75 %.
Du captage aux robinets de Kara
Au cœur des montagnes de Koumondè, le futur ouvrage paraît éloigné des préoccupations quotidiennes des habitants de Kara. Pourtant, c’est ici, loin des quartiers et des centres urbains, que se joue une partie de l’avenir hydraulique de la ville.
Le défi consiste désormais à transformer cette ressource naturelle en un service public fiable. Cela suppose la réalisation d’ouvrages performants, une capacité de stockage suffisante, une ressource disponible pendant la saison sèche, un traitement efficace et des conduites capables d’acheminer l’eau sur plusieurs dizaines de kilomètres.
Le projet, porté par la SP-EAU, prévoit précisément la réalisation de ces différentes infrastructures, du captage à la distribution.
Pour Kara, l’enjeu dépasse donc la simple recherche de nouvelles sources d’eau. Il s’agit de construire un système capable de garantir, dans la durée, une alimentation régulière des populations.
À Sara, dans les montagnes de Koumondè, le futur réseau commence loin des regards. Mais son véritable test se fera à Kara et dans les localités environnantes : lorsque les habitants ouvriront leurs robinets, la réussite du projet se mesurera à une réalité très simple : la disponibilité d’une eau potable en quantité suffisante et de manière durable.
La rédaction




















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