TOGO/CULTURE : LES ARTISTES ET LE MINISTÈRE OUVRENT UN CADRE PERMANENT DE CONCERTATION
Par Yawo KLOUSSE
afriquenligne.tg
Les acteurs culturels togolais ont rencontré, ce 5 octobre 2026, le ministre de la Culture et du Tourisme pour échanger sur plusieurs préoccupations contenues dans leur plateforme de revendications. Fonds national de promotion culturelle, protection sociale, droits d’auteur et dialogue permanent étaient au cœur des discussions. Si le ministère se veut rassurant sur les démarches engagées, les artistes estiment que des actes concrets restent attendus et maintiennent leur sit-in annoncé pour le 12 octobre prochain.
Un dialogue dans un climat convivial
À l’issue de la rencontre, le directeur de la Promotion des arts et de la Culture, Aziati Vignon, a assuré que les échanges se sont déroulés dans un climat convivial. Selon lui, cette rencontre a permis aux artistes d’échanger directement avec le ministre et de faire le point sur plusieurs préoccupations du secteur.
« Nous avons connaissance des préoccupations des artistes et il fallait leur donner des réponses officielles », a-t-il expliqué, soulignant que plusieurs questions ont été abordées au cours de cette séance de travail à huis clos.
Parmi les principaux sujets évoqués figure le Fonds national de promotion culturelle. Sur ce point, le ministère affirme que des démarches ont déjà été engagées et qu’il reste à aller vers une formalisation du dispositif.
Aziati Vignon assure également que les ressources destinées au fonds sont disponibles. « Le fonds de cette année est déjà disponible au Trésor », a-t-il déclaré, précisant que le ministère n’a pas utilisé ces ressources. Selon lui, dès que les organes chargés de la gestion du fonds seront mis en place, les acteurs culturels pourront y avoir accès.
La protection sociale des artistes au cœur des préoccupations
La situation sociale des artistes a également été largement discutée. Des démarches seraient en cours avec le ministère de la Santé ainsi que dans le cadre de l’Assurance maladie universelle (AMU).
Le directeur de la Promotion des arts et de la Culture a toutefois relevé une difficulté particulière : la plupart des artistes ne disposent pas de revenus fixes. Les discussions doivent donc permettre de déterminer une base de prélèvement adaptée afin de faciliter leur prise en compte dans les mécanismes de protection sociale.
Pour le représentant des artistes, Ariel Dassanou, la rencontre a permis de prendre connaissance des actions menées par le ministre depuis son arrivée à la tête du département.
« Nous avons écouté le ministre qui a étalé ses actions durant ces un an. Nous avons constaté qu’il y a eu des efforts », a-t-il reconnu.
Mais les artistes restent toutefois sur leur faim. Selon Ariel Dassanou, aucun acte concret n’a encore été constaté concernant plusieurs points inscrits dans leur plateforme de revendications.
Un comité technique pour suivre les engagements
À l’issue des discussions, les deux parties ont convenu de mettre en place un comité technique de suivi chargé d’examiner l’évolution des différentes revendications.
Pour Aziati Vignon, cette décision doit permettre d’instaurer un dialogue régulier entre le ministère et les acteurs culturels. « Nous avons ensemble opté pour la mise en place d’un cadre permanent de discussion ou de concertation pour suivre le niveau d’avancement de leurs préoccupations », a-t-il indiqué.
Le ministère entend ainsi disposer d’un mécanisme permettant de suivre les dossiers et de communiquer régulièrement sur les avancées.
Du côté des artistes, cette nouvelle structure est également perçue comme un moyen de vérifier concrètement la mise en œuvre des engagements pris.
« La mise en place d’un comité technique pour le suivi des points » constitue, selon Ariel Dassanou, l’un des principaux acquis de la rencontre.
Le sit-in du 12 octobre maintenu
Malgré cette ouverture au dialogue, les artistes ne renoncent pas à leur mobilisation annoncée pour le 12 octobre 2026.
Ariel Dassanou a clairement indiqué que la rencontre avec le ministre ne démobilise pas les acteurs culturels. « La stratégie que nous avons mise en place, notamment le sit-in du 12 octobre, tient », a-t-il affirmé.
Les artistes ont toutefois informé le ministre de leur démarche et entendent organiser cette manifestation dans le respect des lois et règlements en vigueur.
« Nous ne sommes pas complètement satisfaits. Nous n’avons pas eu les dates butoirs pour le versement de ces fonds », a expliqué le représentant des artistes.
Pour lui, le cadre permanent de concertation permettra désormais de suivre « à la lettre » les actions annoncées par le ministère, tout en permettant aux artistes d’apporter leur contribution pour faire avancer les différents dossiers.
Ariel Dassanou insiste par ailleurs sur le caractère apolitique, pacifique et professionnel de la mobilisation. « Nous tenons à faire ce sit-in le 12 octobre, pas pour manquer de respect à qui que ce soit », a-t-il précisé.
Les revendications, ajoute-t-il, seront également portées au plus haut sommet de l’État. « Nous avons un Président du Conseil qui est le maître de la situation », a-t-il déclaré, estimant que cette démarche vise surtout à faire constater les difficultés auxquelles le secteur culturel est confronté depuis une dizaine d’années.
Le BUTODRA et la numérisation de la perception des droits
La question du BUTODRA a également été abordée. Selon Aziati Vignon, la répartition des droits d’auteur ne constitue pas, à ce stade, le principal problème. L’enjeu serait plutôt d’élargir l’assiette des contributions afin d’améliorer les ressources disponibles.
Le ministère aurait par ailleurs déjà pris des dispositions pour que, dès l’année prochaine, la perception des droits soit numérisée. Une réforme présentée par le directeur de la Promotion des arts et de la Culture comme « une avancée majeure » pour le secteur.
Au terme de cette rencontre du 5 octobre, le dialogue semble donc officiellement relancé entre le ministère de la Culture et les acteurs culturels. Si le gouvernement met en avant les démarches déjà engagées et la disponibilité des ressources, les artistes, eux, attendent désormais des résultats tangibles et des échéances précises.
La mise en place annoncée d’un cadre permanent de concertation pourrait ainsi constituer un nouveau mécanisme de suivi. Mais la mobilisation du 12 octobre reste, pour l’heure, maintenue, signe que les acteurs culturels veulent désormais mesurer les engagements à l’aune de leur concrétisation.






















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