LA DMK DÉVOILE SON PROJET DE « SOUVERAINETÉ INTÉGRALE DU TOGO » ET APPELLE À UNE « DEUXIÈME INDÉPENDANCE »
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De la « prison à ciel ouvert » à la SITO : la Dynamique Monseigneur Kpodzro présente son Livre Blanc et son plan de transformation du Togo
À l’occasion de sa conférence de presse du 5 octobre 2026, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) entend placer la question de la souveraineté nationale au cœur du débat politique togolais. Dans une déclaration liminaire placée sous le thème « De la prison à ciel ouvert à la Souveraineté Intégrale du Togo (SITO) », le mouvement présente un vaste projet de refondation politique, institutionnelle, économique et sociale, qu’il qualifie de « Deuxième et Véritable Indépendance ».
La DMK inscrit son initiative dans la continuité du soulèvement du 5 octobre 1990, présenté comme le moment fondateur d’une aspiration populaire à la liberté et à la démocratie. Trente-six ans plus tard, le mouvement estime que les attentes de cette génération n’ont pas été satisfaites et appelle à une nouvelle étape de la lutte politique.
Dans sa déclaration, la DMK revient également sur l’élection présidentielle de 2020 et sur la candidature portée par le tandem formé autour de Monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro et du Dr Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo. Le mouvement affirme que cette dynamique électorale avait traduit, selon lui, une volonté populaire en faveur d’une transformation profonde du pays.
La DMK s’appuie sur les arrêts de la Cour de justice de la CEDEAO
Une partie importante de la déclaration est consacrée aux décisions de la Cour de justice de la CEDEAO. La DMK affirme que deux arrêts, qu’elle identifie comme les décisions ECW/CCJ/JUD/11/2022 du 24 mars 2022 et ECW/CCJ/JUD/01/26 du 29 janvier 2026, constituent, selon son interprétation, un fondement juridique pour contester l’ordre institutionnel actuel au Togo.
Le mouvement invoque notamment le Traité révisé de la CEDEAO, le principe pacta sunt servanda consacré par la Convention de Vienne sur le droit des traités, ainsi que plusieurs principes du droit international.
La DMK soutient ainsi que la réforme institutionnelle ayant conduit à la « Ve République » serait juridiquement inopposable au peuple togolais. Elle affirme par ailleurs avoir entrepris des démarches auprès de plusieurs institutions internationales afin de faire connaître sa lecture de ces décisions.
Ces affirmations et leur portée juridique internationale constituent l’un des principaux points de la déclaration et devraient alimenter les échanges lors de la conférence de presse.
Le « Livre Blanc SITO-REST », feuille de route d’une refondation
Au-delà de la contestation de l’ordre institutionnel, la DMK présente surtout un projet alternatif baptisé SITO-REST, destiné, selon ses promoteurs, à organiser une transition et à jeter les bases d’une nouvelle architecture de l’État.
Le mouvement annonce notamment la mise en place d’un Conseil d’État, d’une Assemblée constituante, d’une Haute Autorité Souveraine de Contrôle d’État, ainsi que l’organisation d’Assises nationales souveraines et d’Assises de l’innovation et de l’excellence stratégique.
Le document prévoit également un programme de transition couvrant les 1 000 premiers jours, avec plusieurs phases allant du « Sursaut national » à la « Refondation ».
La première période, allant du 1er au 100e jour, serait consacrée au déploiement de mesures d’urgence et à l’installation des principaux organes de transition. Les périodes suivantes seraient consacrées à la fondation institutionnelle, au déploiement territorial, à l’abondance opérationnelle et, enfin, au « scellé de la refondation ».
Douze leviers pour transformer le pays
La DMK articule son programme autour de douze leviers stratégiques couvrant pratiquement tous les secteurs de la vie nationale.
Le premier concerne les institutions, la justice et la justice transitionnelle, avec notamment la libération des détenus politiques et des personnes présentées comme détenues arbitrairement, ainsi que la réhabilitation des exilés politiques.
Les autres leviers portent sur la transition, l’organisation territoriale, l’économie et la monnaie, la confédération, la diplomatie, la défense et la sécurité, la technologie et l’industrie, la santé, l’agriculture et l’alimentation, la culture et l’éducation, ainsi que le numérique et l’environnement.
La DMK défend notamment la création d’une Banque centrale souveraine du Togo et d’une monnaie dénommée SIKA, ainsi que la mise en place d’une Chambre africaine de troc et de compensation (CATROC) à Aného.
Une nouvelle organisation territoriale
Le projet prévoit également une réorganisation profonde du territoire autour de cinq pôles de développement souverain.
Le pôle des Savanes Nord aurait pour centre Dapaong et serait présenté comme un grand bouclier logistique et agricole. Le pôle Kara serait consacré à la haute industrie et à la métallurgie, avec Kara comme centre. Le pôle central, articulé autour de Sokodé, serait présenté comme le cœur agro-industriel et énergétique du pays.
Le quatrième pôle, regroupant notamment les préfectures des Plateaux-Ouest, aurait pour centre partagé Badou-Kpalimé, tandis que le cinquième pôle, consacré à la façade maritime, technologique, confédérale et financière, aurait pour centre partagé Aného-Lomé.
Cette nouvelle architecture territoriale serait accompagnée d’une gouvernance décentralisée et d’une autonomie financière, fiscale et administrative renforcée des collectivités.
Une rupture monétaire et économique revendiquée
Sur le plan économique, la DMK préconise une rupture avec le système monétaire actuel. Elle évoque la fin du franc CFA dans le cadre de son projet et propose une monnaie nationale adossée à l’or physique.
Le mouvement veut également favoriser les échanges africains fondés sur les ressources réelles et développer des mécanismes de compensation continentale.
Cette orientation s’inscrit, selon la déclaration, dans une volonté plus large de renforcer l’intégration africaine et de rapprocher le Togo de l’Alliance des États du Sahel (AES), dans le cadre d’une nouvelle architecture confédérale que la DMK appelle de ses vœux.
Justice, prisons et droits humains au cœur du programme
La situation carcérale occupe une place importante dans le document. La DMK dénonce ce qu’elle présente comme une dégradation des conditions de détention et appelle à une réforme profonde du système pénitentiaire.
Elle réclame notamment la libération des détenus qu’elle considère comme politiques ou arbitraires, la réhabilitation des exilés politiques, ainsi que la mise en place d’unités médico-psychologiques et de mécanismes de réhabilitation carcérale.
Le mouvement affirme également vouloir aligner les conditions de détention sur les standards internationaux relatifs aux droits humains, notamment les Règles Nelson Mandela.
Culture, santé, agriculture et technologie
La transformation annoncée ne se limite pas aux institutions politiques.
Dans le domaine culturel, la DMK propose notamment des Maisons de la culture dans les préfectures, des mesures fiscales et douanières favorables aux artistes et créateurs, ainsi qu’une meilleure reconnaissance des langues nationales.
Sur le plan sanitaire, elle annonce une couverture maladie universelle, une distribution de kits médicaux d’urgence et une réforme de l’accès aux soins.
Dans l’agriculture, le projet met l’accent sur la souveraineté alimentaire, la conservation des semences et le développement de banques nationales de semences.
Le volet technologique prévoit quant à lui plusieurs infrastructures, dont un centre de recherche énergétique avancée, des pôles technologiques et industriels, ainsi qu’un système numérique reposant sur la blockchain pour certaines opérations administratives et douanières.
« Opération Togo Impérial » : la DMK veut passer du projet à la mobilisation
Consciente qu’un programme politique ne peut se limiter à un document, la DMK annonce également une initiative baptisée « Opération Togo Impérial » (OTI).
Celle-ci doit, selon le mouvement, permettre de mobiliser les populations autour du projet SITO.
Deux phases sont annoncées. La première, qualifiée de « phase citoyenne », invite les populations à se réunir dans les quartiers, villages, communes et villes afin de lire publiquement l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO du 29 janvier 2026.
La seconde, appelée « phase vibratoire », prévoit un moment symbolique quotidien à 21 heures GMT, durant lequel les Togolais sont invités à se recueillir et à lire publiquement le texte présenté par la DMK.
Un appel à la mobilisation nationale
Au terme de sa déclaration, la DMK appelle les Togolais de l’intérieur et de la diaspora, ainsi que les Forces de défense et de sécurité, à rejoindre ce qu’elle présente comme le « Pacte de la Souveraineté Nationale », au sein du « Front Sacré du Droit ».
Le mouvement affirme également avoir déposé son Livre Blanc auprès des médias nationaux et internationaux et annonce la diffusion du document dans les différentes préfectures du pays ainsi qu’auprès de la diaspora.
Pour la DMK, le calendrier historique est hautement symbolique : « Le 5 octobre 1990, la Jeunesse s’est levée. Le 22 février 2020, le Peuple a voté. Le 5 octobre 2026, nous accomplissons enfin le serment des bâtisseurs. »
La conférence de presse doit ainsi servir de tribune à la présentation d’une vision politique particulièrement ambitieuse, articulée autour de la Souveraineté intégrale du Togo, d’une transition politique inclusive et d’une profonde transformation de l’État.
Reste désormais à savoir comment ces propositions seront accueillies par l’opinion publique, les autres forces politiques, la société civile et les institutions nationales et internationales. Au-delà des slogans et des ambitions affichées, leur faisabilité politique, juridique, économique et institutionnelle constituera le principal défi auquel la DMK devra répondre.
« En avant toute pour la Deuxième et Véritable Indépendance ! Vive la Souveraineté Intégrale du Togo ! », conclut la déclaration.
La rédaction






















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