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NAYÉ THÉOPHILE INAWISSI : LA PLUME D’UN HÉRITIER VÉRITABLE DE LA LITTÉRATURE TOGOLAISE

par | Oct 8, 2026 | Actualités

NAYÉ THÉOPHILE INAWISSI : LA PLUME D’UN HÉRITIER VÉRITABLE DE LA LITTÉRATURE TOGOLAISE

Par Yawo KLOUSSE
afriquenligne.tg

Un écrivain engagé, témoin d’une génération et gardien de la mémoire littéraire du Togo

La littérature togolaise recèle des figures dont le parcours mérite d’être davantage connu, célébré et transmis aux générations futures. Parmi elles, Nayé Théophile INAWISSI, nom de plume de M. Nayé Koudjôme Kodjo, occupe une place singulière.

Poète, écrivain, homme de culture, homme de théâtre et passionné des lettres, il appartient à cette génération d’auteurs qui ont contribué à poser les fondations de la création littéraire togolaise moderne.

Son parcours, qui s’étend sur plusieurs décennies, est marqué par la poésie, le pamphlet, le théâtre, l’enseignement et une profonde volonté de contribuer à la transmission de la culture et de la mémoire africaine.

Membre de plusieurs associations d’écrivains, notamment Arts et Lettres à Bordeaux, en France, ainsi que de l’Association des Poètes et Écrivains du Togo (APET), Nayé Théophile INAWISSI a évolué aux côtés de grandes figures de la littérature togolaise.

Il a notamment côtoyé et travaillé avec des écrivains et intellectuels de la première génération tels que le Pasteur Adjomada, Hubert Kpontón et Paul Akakpo-Typam, sans oublier David Ananou et bien d’autres acteurs majeurs du monde littéraire.

Cette proximité avec ces pionniers témoigne d’un parcours profondément enraciné dans la tradition intellectuelle et culturelle du Togo.

Une plume engagée dès les premières années

L’œuvre de Nayé Théophile INAWISSI porte la marque d’un écrivain préoccupé par le destin de l’Afrique, par son identité, son histoire et ses aspirations.

En 1973, il publie le pamphlet Les Demi-Noirs, Demi-Blancs, avant de faire paraître, en 1975, Afrique, Mère Afrique, un recueil de poèmes qui traduit déjà son attachement profond au continent africain.

Chez cet auteur, la poésie n’est pas seulement un exercice esthétique. Elle est également une manière de questionner son époque, de défendre des valeurs et de faire entendre une voix africaine attachée à la dignité, à la liberté, à la mémoire et à la responsabilité collective.

À travers son nom de plume, Nayé Théophile INAWISSI a ainsi construit une identité littéraire qui s’inscrit dans une tradition où l’écrivain est à la fois créateur, témoin et passeur.

De la littérature au théâtre : une passion au service de la création

Le parcours de Nayé Théophile INAWISSI ne s’est pas limité à l’écriture. Son amour de la culture l’a également conduit vers le théâtre.

Dans les années 1977, alors qu’il se trouve à Bouaké, en République de Côte d’Ivoire, il fonde et dirige la troupe théâtrale Zimbabwe.

Sous sa direction, cette troupe s’illustre brillamment en remportant à trois reprises consécutives la Coupe de théâtre Jacques AKA.

Cette réussite constitue un témoignage supplémentaire de ses qualités de créateur, de formateur et de rassembleur. Elle révèle aussi un homme convaincu que l’art et la culture peuvent contribuer à l’éducation, à l’éveil des consciences et au rayonnement des peuples.

LES GRANDS JOURS, une nouvelle étape dans son parcours

En 1981, Nayé Théophile INAWISSI poursuit son aventure littéraire avec la publication de LES GRANDS JOURS, aux Éditions AKPAGNON, à Paris.

Cette publication vient confirmer la constance de son engagement dans le monde des lettres. Elle témoigne d’un auteur qui, au fil des années, n’a cessé de produire, de réfléchir et de contribuer à l’enrichissement du patrimoine littéraire africain.

Mais l’intérêt porté à son œuvre ne s’est pas limité à ses propres publications. Ses textes ont également trouvé leur place dans plusieurs ouvrages de référence consacrés à la poésie et aux écrivains africains et francophones.

Une œuvre présente dans plusieurs grandes anthologies

La présence de l’œuvre de Nayé Théophile INAWISSI dans différentes anthologies constitue un élément particulièrement significatif de son parcours littéraire.

Ses écrits ont notamment été retenus dans l’Anthologie de la poésie togolaise, produite par Yves-Emmanuel Dogbé, figure importante de la littérature togolaise.

Son œuvre apparaît également dans l’Anthologie des écrivains noirs d’expression française, d’Afrique et de Madagascar, produite par Pierre Ngandu Ngashama, docteur ès lettres du Congo-Brazzaville.

À cette reconnaissance s’ajoute sa présence dans une Anthologie de la poésie française, dont la préface est attribuée à François Mitterrand.

Ces différentes références donnent une dimension particulière au parcours de l’écrivain. Elles montrent que sa création poétique a dépassé le seul cadre national pour s’inscrire dans des espaces plus larges de la littérature africaine et francophone.

Pour un écrivain togolais de cette génération, apparaître dans de telles entreprises anthologiques représente une trace importante dans la constitution de la mémoire littéraire.

Ces anthologies jouent en effet un rôle essentiel : elles sélectionnent, rassemblent et transmettent des œuvres et des auteurs à différentes générations de lecteurs, de chercheurs, d’enseignants et d’étudiants.

Ainsi, des années 1970 aux années 1980, puis au fil des décennies suivantes, Nayé Théophile INAWISSI a poursuivi un chemin singulier, porté par une même fidélité : celle de la littérature, de la culture et de la transmission.

Un patrimoine littéraire durement éprouvé

Le parcours de l’écrivain a également été marqué par une douloureuse épreuve.

Alors qu’il était directeur du Collège Notre-Dame de l’Assomption de Notsè, dans la préfecture de Haho, Nayé Théophile INAWISSI a perdu, lors d’un incendie survenu à son domicile le 11 avril 1991, plusieurs œuvres inédites ainsi que des biens et documents constituant une partie importante de son patrimoine.

La disparition de ses manuscrits représente une perte considérable pour le patrimoine littéraire togolais. Des textes qui auraient pu enrichir davantage la connaissance de son œuvre ont ainsi disparu dans les flammes.

Mais l’incendie n’a pas fait disparaître la voix de l’auteur.

Des textes ont survécu, témoignant de la richesse d’une œuvre construite au fil des décennies. Et surtout, la volonté de créer, de transmettre et de faire vivre la littérature est demeurée intacte.

LES STANCES INOUÏES DE L’ÂGE D’OR : une œuvre à redécouvrir

C’est dans cette perspective que se présente aujourd’hui LES STANCES INOUÏES DE L’ÂGE D’OR, un recueil poétique d’une grande richesse, organisé en quatre livres :

– Livre premier : Les Héritiers véritables
– Livre II : Les Randonnées
– Livre III : Défi, ô Sahara
– Livre IV : Les Torts du Bon Dieu

À travers cette architecture poétique, l’auteur convoque l’histoire, la nature, l’Afrique, l’homme, ses grandeurs et ses contradictions.

Dans « Le Relief », extrait du premier livre, le poète célèbre notamment les « héritiers véritables », ces hommes et ces femmes appelés à défendre leur patrimoine, leur dignité et leur héritage.

Sa poésie y apparaît comme une invitation à la responsabilité.

L’héritier véritable n’est pas celui qui reçoit simplement un patrimoine : il est celui qui sait le préserver, le défendre et l’enrichir.

Cette conception rejoint profondément le parcours même de l’auteur. Car en consacrant plusieurs décennies à l’écriture et à la culture, Nayé Théophile INAWISSI s’est lui-même inscrit dans une logique de transmission.

Une poésie de la dignité et de la transmission

La force de Nayé Théophile INAWISSI réside notamment dans cette capacité à faire de la poésie un espace de réflexion sur les valeurs humaines.

Son écriture célèbre le courage, la fidélité aux convictions, l’abnégation et la défense de ce qui appartient aux générations présentes et futures.

À travers ses vers se dessine le portrait d’un écrivain profondément attaché à la dignité humaine, à la patrie, à la culture, à la mémoire et à la transmission.

Son œuvre rappelle ainsi que la littérature ne doit pas seulement divertir. Elle doit également interroger, éveiller, transmettre et parfois résister à l’oubli.

Une œuvre qui traverse les générations

Le parcours littéraire de Nayé Théophile INAWISSI ne s’arrête pas aux œuvres qui ont marqué son entrée dans le monde des lettres.

De Les Demi-Noirs, Demi-Blancs à Afrique, Mère Afrique, de Les Grands Jours aux Stances inouïes de l’Âge d’or, son itinéraire révèle une œuvre construite sur plusieurs décennies.

La présence de ses ouvrages et de ses textes dans différentes anthologies renforce cette dimension patrimoniale. Elle constitue une autre preuve de la circulation de son œuvre et de l’intérêt qu’elle a suscité dans différents espaces littéraires.

De l’Anthologie de la poésie togolaise d’Yves-Emmanuel Dogbé à l’Anthologie des écrivains noirs d’expression française, d’Afrique et de Madagascar de Pierre Ngandu Ngashama, jusqu’à l’Anthologie de la poésie française préfacée par François Mitterrand, la trace de Nayé Théophile INAWISSI s’inscrit dans une histoire littéraire qui dépasse les frontières du Togo.

Cette dimension mérite d’être davantage connue des nouvelles générations.

Car préserver une littérature nationale, c’est aussi préserver les noms, les œuvres, les parcours et les combats intellectuels de ceux qui l’ont construite.

Novembre 2026, un nouveau rendez-vous avec le public

L’année 2026 pourrait constituer une nouvelle étape importante dans la redécouverte de Nayé Théophile INAWISSI.

En novembre, deux ouvrages doivent être publiés : LES STANCES INOUÏES DE L’ÂGE D’OR ainsi que le recueil DES GRANDS JOURS.

Cette double publication constitue un rendez-vous particulièrement attendu pour les amoureux des lettres et pour tous ceux qui souhaitent découvrir ou redécouvrir l’œuvre de cet écrivain.

Elle permettra surtout de remettre à la disposition du public des textes qui appartiennent à une histoire littéraire dont la transmission demeure essentielle.

Pour les chercheurs, les enseignants, les étudiants, les élèves, les bibliothèques et les passionnés de littérature, ces publications représentent une occasion de revisiter une œuvre qui mérite de retrouver toute sa place dans le paysage culturel togolais.

La nécessité de transmettre

Le parcours de Nayé Théophile INAWISSI rappelle une réalité essentielle : une littérature nationale ne se construit pas uniquement avec les noms les plus connus.

Elle se construit également avec ces auteurs qui, parfois dans la discrétion, ont consacré leur vie à l’écriture, au théâtre, à l’enseignement et à la transmission.

Ses œuvres, reprises dans des anthologies et désormais appelées à connaître une nouvelle vie éditoriale, constituent autant de traces d’une aventure intellectuelle qu’il importe de préserver.

La prochaine parution de LES STANCES INOUÏES DE L’ÂGE D’OR et de DES GRANDS JOURS ne devrait donc pas être considérée comme une simple actualité éditoriale.

Elle constitue aussi une invitation à revisiter une page de l’histoire littéraire togolaise et à accorder à ses acteurs la place qui leur revient.

Nayé Théophile INAWISSI, de son nom traditionnel M. Nayé Koudjôme Kodjo, est de ceux dont la trajectoire mérite d’être racontée, étudiée et transmise.

Son itinéraire, de la poésie au pamphlet, de la littérature au théâtre, de la création à l’enseignement, témoigne d’un engagement constant au service de la culture.

Les années passent, les générations se succèdent, mais les œuvres demeurent lorsqu’elles trouvent des lecteurs pour les accueillir.

Avec les prochaines publications de novembre, la voix de Nayé Théophile INAWISSI pourrait ainsi connaître un nouveau souffle.

Et si l’écrivain parle d’« héritiers véritables », c’est peut-être aussi parce que chaque génération reçoit un patrimoine qu’elle a le devoir de préserver, d’enrichir et de transmettre.

Nayé Théophile INAWISSI est aujourd’hui lui-même devenu une part de cet héritage.

Son nom appartient à cette mémoire littéraire togolaise qu’il faut continuer à faire vivre. Ses œuvres constituent le témoignage d’une époque, mais aussi une invitation adressée aux générations nouvelles : lire, comprendre, préserver et poursuivre.

Car les œuvres peuvent parfois disparaître dans les flammes, les manuscrits peuvent être perdus et les années peuvent effacer certains souvenirs. Mais lorsque la parole poétique survit, elle continue de porter la mémoire de celui qui l’a écrite.

Avec LES STANCES INOUÏES DE L’ÂGE D’OR et DES GRANDS JOURS, Nayé Théophile INAWISSI revient ainsi dans l’espace public littéraire avec des œuvres qui invitent à redécouvrir un homme de lettres, un homme de culture et surtout un écrivain dont la voix demeure profondément attachée à l’Afrique, au Togo et aux valeurs de dignité, de mémoire et de transmission.

Une voix peut traverser les décennies. Une œuvre peut traverser les générations. Et un véritable héritier de la littérature est aussi celui qui laisse à ceux qui viennent après lui la responsabilité de continuer à faire vivre les mots.

Yawo KLOUSSE

Yawo KLOUSSE

Journaliste, Directeur, Editeur du Site afriquenligne.tg

Journaliste et éditeur passionné par l’actualité africaine, il dirige Afriquenligne.tg avec l’ambition de livrer une information fiable, claire et proche du terrain.

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