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AKATO VIÉPÉ : VIOLENCES MILITAIRES SUR INDIVIDU, UN GHANÉEN TROUVE LA MORT, DEUX MILITAIRES ARRÊTÉS, LE GÉNÉRAL YARK RÉAGIT

AKATO VIÉPÉ : VIOLENCES MILITAIRES SUR INDIVIDU, UN GHANÉEN TROUVE LA MORT, DEUX MILITAIRES ARRÊTÉS, LE GÉNÉRAL YARK RÉAGIT

afriquenligne.tg
Mis en ligne le 26/08/21

Un citoyen ghanéen trouve malheureusement la mort des suites de violences physiques excercées par deux militaires togolais sur lui à AKATO VIÉPÉ localité frontalière avec le Ghana au sud-ouest de la capitale togolaise plus précisément dans le canton d’Aflao SAGBADO.

Dans un communiqué signé du général Yark, le Ministre togolais explique les circonstances dans lesquelles le décès est intervenu et annonce l’arrestation de deux militaires impliqués dans le meurtre.

Le défunt du nom de BEDI GEDZAH Félix serait poursuivi dans sa fuite relativement dans une affaire de carte sim introuvable dans un smartphone dont il avait la charge.

L’individu succombera plus tard dans son pays d’origine le Ghana et le corps serait remis aux autorités togolaises.

Nous avons encore souvenance de nombreux cas similaires dont pour vous rafraîchir la mémoire nous allons vous rappeler certains cas parmi lesquels notre confrère ADOBAYA Kokou journaliste/photographe au journal LA CROIX DU SUD arbitrairement arrêté lors de la grande manifestation du 11 avril 2018 au niveau des feux tricolores de BE par les militaires pour avoir simplement voulu photographier leurs basses besognes dans le cadre licite d’exercice de ses activités professionnelles. L’homme a été arrêté par les militaires lourdement armés qui lui ont intimé l’ordre de rendre ses outils de travail à savoir appareil photo numérique, caméra et son calepin, s’en suit de vive altercation et notre confrère a été sérieusement battu et le matériel emporté. Comme si tout cela ne les suffisait pas, les militaires togolais l’on poursuivi , et c’est ainsi que notre confrère sera arrêté à BE au niveau des feux tricolores du marché. Embastillé dans un fourgon blindé décapotable de l’armée, c’est sur le chemin le conduisant vers le sépulcre qui se trouve à Agoé qu’il a finalement réussi à s’échapper des mains de ses bourreaux. Après être enfuit, les militaires ont eu le courage de revenir perquisitionner son domicile privé après lui avoir laissé deux convocations auxquelles le sieur ADOBAYA KOKOU n’avait pas répondu. Dans leur fureur, les militaires ont envahi son quartier en grand nombre à la recherche d’un citoyen honnête et journaliste de surcroît hummmmm dans quel pays vivons nous ? Sa maison a été soigneusement perquisitionnée en foulant au pieds les règles élémentaires des droits humains. À ce jour, personne ne sait où il se trouve actuellement. Nous rappelons que confrère était marié et c’est devant sa femme et ses enfants que la perquisition a lieu. Voyez comment ce régime cinquantenaire fait fuire de valeureux citoyens qui devraient normalement travailler pour faire honneur à notre patrie. Le cas de ce journaliste a créé de l’émoi dans l’opinion.
Le journaliste et photographe ADOBAYA KOKOU était pratiquement le seul qui avait le courage de prendre les images des horreurs de militaires qu’il postait à travers les réseaux sociaux et dans les journaux. Un véritable reporter sur les terrains difficiles qui aujourd’hui est condamné à vivre dans la clandestinité.

D’autres cas font également légion

Lui s’appelle DOUMASSI Yao
Né le 22 septembre 1994 à Togblécopé, dans les environs de Lomé, célibataire sans enfant et maçon de métier, il exerce aussi le métier de conducteur de taxi-moto (zémidjan) pour boucler ses maigres journées afin d’avoir de quoi se nourrir lorsqu’il n’a pas trouvé de quoi s’occuper par l’exercice de sa profession originelle de maçon.
C’est le 28 novembre 2019 que, vers 22H, il a été arbitrairement arrêté dans l’Affaire « Tigre Révolution » lorsque, exerçant son petit métier de conducteur de taxi-moto (zed-man), il conduisait un client vers le quartier surnommé « Petit-Paris » quand, soudain, il tombe sur des membres des forces de l’ordre qu’il identifie à des militaires, lesquels se dressent devant lui et lui demandent de descendre de sa moto.
Puis, ils lui posent cette question : « Est-ce que toi, tu sors pour les manifestations? » Ce à quoi il leur répond : « Non ! ».
Après cela, ils lui demandent de se coucher par terre et, après qu’il se soit plié à cet ordre, ils commencent à le frapper en lui demandant de leur dire la vérité, bien que sa réponse soit toujours restée la même : « Je ne sais rien de la politique, je ne fais que le zémidjan avec ma moto ».
La seconde question qu’ils lui posent est celle-ci : « Où se trouvent vos armes ? » Etonné, il leur répond : « Je ne suis pas criminel, ni un ancien gendarme donc la question que vous me posez-là, c’est du bleu pour moi ». Cette réponse déchaîne sur lui une telle rage de bastonnade des militaires que ceux-ci le frappent jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Ce n’est que tard dans la nuit profonde qu’il se réveille pour constater qu’on l’a emmené au Commissariat d’Agoè avec ma moto. Le lendemain, il est transféré au Camp GP d’Agoè-Logopé.
Pendant les 6 jours qu’il passe au Camp GP, les questions qu’on n’a cessé de lui poser sont les mêmes que les gendarmes lui avaient posées et, lorsqu’il donne les mêmes réponses en disant qu’il ne sait rien de tout ça, on le gifle, le frappe en lui donnant des coups de bâtons sur le plat des pieds, puis des coups des cordelettes s’ensuivent. Après quoi, on le ramène dans sa cellule où on le maintient toujours constamment menotté, même dans son sommeil.
Il ne mangeait qu’une seule fois par jour, par propres moyens, ce qui fait que s’étant rapidement trouvé démuni, ce sont ses codétenus qui lui donnent de quoi se nourrir lorsqu’ils s’achètent à manger. Il n’est pas autorisé à recevoir de visite. Quant à son hygiène corporelle, il n’est pas autorisé à se doucher et n’a pas de quoi se brosser les dents.
Et lorsqu’il éprouve l’envie d’aller faire ses besoins naturels, ce n’est souvent même pas la peine de le demander car c’est difficilement qu’on daigne lui accorder l’occasion de se satisfaire.
La veille du jour où il a été déféré en prison, il a été présenté avec ses codétenus de l’Affaire Tigre Révolution à la presse nationale et internationale et, à leur arrivée sur place, ce sont des trucs bizarres qu’on a présentés devant eux sans qu’ils ne sachent même pas d’où tout cela a été pris pour qu’on le leur colle au dos. A la fin de cette présentation à la presse, ils ont à nouveau été ramenés au Camp GP parce que l’artiste Prince Fadel a refusé de collaborer à leur sale projet en ouvrant à cette occasion les yeux au monde entier sur le fait que tout ce qui leur a été collé n’était qu’un montage.
Ce n’est que le lendemain, 6 décembre 2019, qu’ils ont été présentés au Procureur de la République et ensuite conduits chez le juge d’instruction. Lorsque ce dernier demande à DOUMASSI Yao s’il reconnait les faits qui lui sont reprochés, il lui répond qu’il est innocent de tout ce qu’on lui reproche et ne reconnais donc absolument pas ces faits. Le juge décide pourtant de le mettre sous mandat de dépôt à la Prison civile de Lomé où, après 8 mois de détention, il est transféré à l’ancienne Direction de la Gendarmerie Nationale togolaise, en face de la BIDC et de la BOAD où il est actuellement détenu. Enfermé dans une mini villa avec 72 autres détenus qui vivent continuellement dans le noir, sans voir le soleil au quotidien, ils ne sont autorisés à sortir dans la cour de la maison qu’en cas de maladie pour être conduits à l’infirmerie ou à l’Hôpital. Détenu depuis bientôt 2 ans sans jugement ni visite de sa famille, DOUMASSI Yao souffre de maux d’yeux et de fortes douleurs dans tout le corps qui ne sont que des conséquences des tortures et mauvais traitements qu’il a subis depuis son arrestation et tout au long de sa détention.

À l’état civil il s’appelle TCHAWISSI Rafiou
Né en 1990, revendeur, marié à 2 femmes et père de trois enfants, domicilié au quartier Adétikopé, TCHAWISSI Rafiou a été arbitrairement arrêté dans l’Affaire « Tigre Révolution », le 24 novembre 2019, vers 14H, après avoir été piégé par un appel lui demandant d’aller à la rencontre d’un ami devant passer par son quartier.
C’est à l’arrivée à ce lieu de rencontre qu’ils voient venir à eux des personnes en civil qui les encerclent, se saisissent d’eux, les menottent puis les jettent dans leur véhicule pour les conduire à son domicile qu’ils soumettent à une fouille générale sans rien y trouver qui puisse le compromettre.
Ensuite cagoulé, il est conduit, ainsi que son ami, par des voies détournées jusqu’à un endroit inconnu où on les séquestre pendant plusieurs jours avant qu’il ne se rende compte qu’il est dans les locaux du SCRIC où on les soumet à des interrogatoires musclés.
Il lui est notamment demandé qui sont ceux qu’il connait au PNP et de citer leurs noms. N’ayant pas pu citer de noms, il est soumis à des bastonnades, des roulades au sol au terme desquels on verse de l’eau sur lui tout en le frappant sans cesse. Difficilement, il arrivait à trouver à manger pendant les 2 mois qu’il a passés au SCRIC sous les tortures et autres traitements cruels, inhumains et dégradants.
C’est après cela que, le 3 février 2020, il est présenté au juge d’instruction qui l’inculpe et le défère à Prison civile de Lomé.
De là, il est à nouveau transféré dans les locaux de l’ancienne Direction générale de la Gendarmerie nationale togolaise, en face de la BIDC et de la BOAD où depuis au total bientôt 2 ans, il est actuellement détenu et où, enfermé dans une mini villa avec 72 autres détenus vivant continuellement dans le noir, sans voir le soleil au quotidien.

La liste des violations des droits humains au Togo est longue, très longue et nous ne pouvons pas tout citer ici.

Dans ce énième cas, le général Yark présente au nom du gouvernement ses condoléances au peuple frère du Ghana.

Il urge que les militaires togolais arrêtent de transporter sur les citoyens étrangers leurs pratiques qui risquent de créer facilement un incident diplomatique entre les deux états frères c’est à dire le Togo et le Ghana.

STAN TSEVI

Yawo KLOUSSE

Yawo KLOUSSE

Journaliste, Directeur, Editeur du Site afriquenligne.tg

Journaliste et éditeur passionné par l’actualité africaine, il dirige Afriquenligne.tg avec l’ambition de livrer une information fiable, claire et proche du terrain.

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