TOGO : « LAISSONS LES RUES, LES MARCHÉS ET LES BUREAUX VIDES » « LE MANIFESTE GÉNÉRATION TOGO » APPELLENT À UNE JOURNÉE D’AVERTISSEMENT LE 20 NOVEMBRE
afriquenligne.tg
À Lomé, quatre mouvements regroupés dans le « Manifeste Génération Togo » ont tenu, vendredi 6 novembre 2026, une conférence de presse consacrée à la mobilisation annoncée pour le 20 novembre prochain. Les organisateurs présentent cette date non pas comme une marche ou un meeting, mais comme une « Journée patriotique d’avertissement », marquée par la suspension des activités.
Une journée sans activités pour « exprimer le ras-le-bol »
Présentant la déclaration liminaire, Gérard Adja a expliqué que l’appel lancé par les quatre mouvements vise à mobiliser les Togolais autour d’une journée de cessation des activités.
Selon la déclaration, « chaque Togolaise et chaque Togolais » est appelé à suspendre ses activités le 20 novembre 2026, en guise d’avertissement avant janvier 2027. Les initiateurs invitent notamment les travailleurs, commerçants, artisans, transporteurs, étudiants, agriculteurs et autres catégories socioprofessionnelles à participer à cette mobilisation.
Le mot d’ordre est résumé ainsi : « Laissons nos rues vides, laissons nos marchés vides, laissons nos bureaux vides, laissons nos ateliers vides. »
Pour les organisateurs, cette journée doit permettre d’exprimer publiquement l’exaspération d’une partie de la population face aux difficultés sociales et économiques. La déclaration met notamment en avant les revendications relatives à l’électricité, à l’eau potable, au coût de la vie, aux infrastructures, aux revenus, à l’indemnisation des victimes des incendies de marchés et à la situation des jeunes.
Nathaniel Olympio : « Résister contre les injustices sociales »
Prenant la parole, Nathaniel Olympio, Premier porte-parole de « Touche Pas à Ma Constitution », a exprimé sa solidarité avec les femmes dont les marchandises ont été détruites lors d’opérations qu’il dénonce.
Pour lui, ces situations illustrent les injustices sociales auxquelles sont confrontées de nombreuses familles togolaises. Il a appelé les citoyens à ne pas rester indifférents et à résister face aux injustices sociales.
Le responsable politique a également insisté sur la nécessité d’une action collective. Il estime que la mobilisation du 20 novembre doit constituer un avertissement adressé au pouvoir et s’inscrire dans une dynamique plus large de résistance.
Dans leur déclaration commune, les quatre organisations affirment d’ailleurs soutenir les initiatives allant dans le même sens, notamment celles annoncées par d’autres forces politiques et citoyennes.
« Ce n’est ni un meeting ni une marche », précisent les organisateurs
Les intervenants ont tenu à faire une distinction importante : la mobilisation du 20 novembre ne sera, selon eux, ni un meeting ni une marche.
Il s’agit, expliquent-ils, d’un acte citoyen d’avertissement, consistant essentiellement à cesser les activités afin de montrer l’ampleur du mécontentement.
Les organisateurs disent par ailleurs être conscients des risques de répression et affirment vouloir inscrire leur action dans une démarche pacifique. La déclaration parle ainsi d’une « résistance pacifique », tout en la présentant comme ferme et déterminée.
Adjamagbo-Johnson : « Une question d’honneur et de dignité »
À son tour, Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson est revenue sur les difficultés rencontrées par les femmes dont les activités économiques constituent parfois l’unique source de revenus pour leurs familles.
Elle a dénoncé ce qu’elle considère comme le caractère inacceptable de certaines pratiques du pouvoir et a appelé les Togolais à faire du 20 novembre une journée de mobilisation citoyenne.
Pour elle, le mot d’ordre doit être clair : « Ça suffit. »
Mme Adjamagbo-Johnson a également inscrit cette mobilisation dans une perspective plus large, en évoquant janvier 2027 comme une étape majeure de la lutte. Elle a martelé que les Togolais ne doivent se considérer ni comme des esclaves ni comme des « moutons », reprenant ainsi l’un des leitmotivs de la déclaration commune. Celle-ci affirme en effet : « Les Togolais ne sont ni moutons ni esclaves » et présente la mobilisation comme une question de survie, d’honneur et de dignité.
Me Célestin Agbogan : « Le pouvoir ne peut pas empêcher les gens de rester chez eux »
Me Célestin Agbogan a, pour sa part, insisté sur la nature particulière de l’action annoncée.
Selon l’avocat, le pouvoir ne pourrait pas empêcher un citoyen de décider de rester chez lui et de ne pas exercer son activité professionnelle ce jour-là.
Il a même annoncé son intention personnelle de participer au mot d’ordre : « Moi, je suis avocat, ce vendredi je n’irai pas au tribunal », a-t-il déclaré.
Pour Me Agbogan, le 20 novembre doit constituer un point de départ. Il estime que les précédentes répressions n’ont pas suffi à faire renoncer les Togolais à leurs revendications et appelle à poursuivre la mobilisation de manière pacifique.
Janvier 2027 en ligne de mire
Au-delà du 20 novembre, les organisateurs ont clairement placé janvier 2027 au centre de leur stratégie.
La déclaration rappelle que le 13 janvier 2027 marquera, selon eux, 60 ans d’« assujettissement » du peuple togolais et appelle à préparer une nouvelle étape de mobilisation. Les signataires disent vouloir parvenir à une transition et à des assises nationales destinées à la « refondation de la République ».
La déclaration commune appelle ainsi à une mobilisation générale et pacifique et affirme : « Janvier 2027 est à nos portes. C’est l’heure de vérité. »
Une coalition qui revendique une mobilisation pacifique
La conférence de presse du 6 novembre aura donc permis aux quatre organisations de préciser leur position : le 20 novembre 2026 doit être une journée de cessation des activités, conçue comme un avertissement au pouvoir et comme une démonstration de la capacité de mobilisation de la société.
Les revendications portent notamment sur l’amélioration des conditions de vie, la justice sociale, la libération de détenus qualifiés de politiques, le retour des exilés et l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO, ainsi que sur l’ouverture d’une transition et d’assises nationales.
La déclaration est portée par la DMK-Originale, la DMP, la LDP et « Touche Pas à Ma Constitution », représentées respectivement par Thomas Kokou Nsoukpoe, Sambiri Targone, Tchagnaou Ouro-Akpo et Nathaniel Olympio.
À l’issue de la conférence, le message des organisateurs est donc sans ambiguïté : faire du 20 novembre une journée de forte mobilisation citoyenne, pacifique et silencieuse, avant une nouvelle étape annoncée pour janvier 2027.
« Ça suffit » : c’est autour de cette formule que les organisateurs entendent désormais rassembler leurs sympathisants et, plus largement, les citoyens qu’ils appellent à participer à cette journée d’avertissement.
Yawo KLOUSSE























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