RISQUE DE COURT CIRCUIT À LA REQUÊTE DE LA FAMILLE OLYMPIO AFIN D’ACCÉDER AUX ARCHIVES FRANÇAISES MAIS L’ESPOIR EXIST
Par Yawo KLOUSSE
afriquenligne.tg
Que s’est-il passé durant les heures qui ont précédé l’assassinat du président du Togo, Sylvanus Olympio, le 13 janvier 1963, et qui l’a tué ? Cinquante-huit ans après les faits, sa famille n’a toujours pas les réponses à ces questions. Elle vient pour la première fois d’entamer des démarches pour pouvoir consulter les archives officielles françaises.
Au lieu que la France, pays des droits de l’homme et des libertés ouvre les archives pour permettre à la famille OLYMPIO de s’enquérir de tout ce qui s’est réellement passé la nuit du 12 au 13 janvier 1963 à Lomé ayant conduit à l’assassinat d’un Chef d’État en exercice SYLVANUS OLYMPIO au Togo, voici comment la France tente de se détourner de cette affaire.
Le sénat français a adopté dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 juin 2021, l’article 19 de la loi PATR entraînant la fermeture inédite des archives en France. Avec l’adoption de cette loi, les archives françaises resteront sous éteignoirs. Les requérants ne pourront donc pas avoir accès aux archives du moins pour le moment.
Oui la France de MACRON se protège, cette même France qui refuse de présenter ses excuses aux peuples d’Afrique pour des siècles de souffrances esclavagistes imposées à l’Afrique.
Les dossiers noirs de la France coloniale sont nombreux. Il va falloir qu’elle ait un jour le courage d’ouvrir la cagnotte pour permettre aux victimes d’avoir accès à la vérité afin d’adopter la conduite à tenir.
Jean Pierre Fabre dans sa dernière conférence de presse au siège de son parti politique (ANC) Alliance Nationale pour le Changement à Lomé et répondant à un journaliste, a même souhaité que ce soit le peuple togolais tout entier qui demande à la France l’ouverture de ses archives car selon lui, le président SYLVANUS OLYMPIO n’appartient plus à sa famille dès lors qu’il est devenu le père de notre indépendance et président de tous les togolais.
Les africains doivent désormais ouvrir les yeux et réclamer la vérité à la France et à ses dirigeants corrompus qui servent les intérêts étrangers au détriment de leur peuple.
Tous les peuples meurtris d’Afrique ont besoin de savoir le rôle de la France et des puissances impérialistes afin de demander réparation.
*LES ASSOCIATIONS NE BAISSENT PAS LES BRAS*
Réaction des associations à l’origine des recours au Conseil d’État à l’adoption de l’article 19 de la loi PATR – Association des archivistes français
Paris, le 4 juin 2021. Au terme de 45 minutes de débats, l’Assemblée nationale a adopté mercredi, peu avant minuit, l’article sur l’accès aux archives contenu dans le projet de loi relatif à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement (PATR).
De manière inédite, le code du patrimoine qui régit l’accès aux archives a été modifié sans que la ministre de la Culture, pourtant en charge du dossier, ne soit présente sur les bancs du gouvernement. Le projet de loi relatif aux archives a été défendu en séance par la ministre des Armées, et ce, à l’occasion d’une loi antiterroriste, tout un symbole !
vendredi 4 juin 2021
L’association des archivistes français, l’association des historiens contemporanéistes de l’enseignement supérieur et de la recherche et l’association Josette et Maurice Audin, à l’origine des recours et de la mobilisation citoyenne contre l’Instruction générale interministérielle n°1300 se félicitent de voir reconnue l’illégalité des pratiques qui, depuis plus de 18 mois, empêchent l’accès à de très nombreuses archives de la Nation. Le texte adopté par l’Assemblée nationale met en effet explicitement un terme à ces pratiques administratives illégales, avant même que le Conseil d’État, saisi par nos trois associations, n’ait pu se prononcer.
Les associations regrettent en revanche, qu’en contrepoint de cette avancée inévitable, l’article 19 du projet de loi provoque un allongement inédit des délais de communication d’un certain nombre d’archives publiques. Elles tiennent, à ce propos, à remercier vivement les nombreux députés de différents bords politiques qui ont déposé et défendu en séance des amendements destinés à mieux encadrer cet allongement, aujourd’hui bien trop large. Ces amendements n’ont toutefois pas été adoptés, et les associations déplorent que leurs demandes sur les points les plus critiques du texte n’aient pas été entendues.
Ainsi, les inquiétudes exprimées depuis plusieurs semaines par les archivistes, les juristes, les historiennes et les historiens demeurent. En l’état, le texte risque d’entraîner une refermeture massive des archives de renseignement. Contrairement à ce qui a été affirmé mercredi soir sur les bancs du gouvernement, rien ne permet de garantir qu’il soit toujours possible demain de travailler sur les archives de la direction de surveillance du territoire (DST) ayant permis de retrouver et de juger les collaborateurs de la Seconde Guerre mondiale, sur les archives des réseaux de renseignement et les services secrets de la France libre au cours de ce même conflit, les archives des tristement célèbres « détachements opérationnels de protection » chargés au cours de la guerre d’Algérie d’interroger les prisonniers jugés les plus « intéressants », y compris en recourant à la torture. La recherche sur des pans entiers, et essentiels, de notre histoire contemporaine, est gravement menacée. Il s’agit bien d’une question démocratique : comment les citoyennes et les citoyens peuvent-ils demander des comptes à l’administration, que l’article 15 de la Déclaration des droits de l’Homme de 1789 garantit, s’il est impossible d’accéder aux informations le leur permettent ?
Les quelques assurances données par la ministre des Armées semblent bien dérisoires. En revanche, l’interprétation que Madame Parly fait de la loi est inquiétante : selon elle, ce n’est pas tant la gravité de la menace attachée aux informations contenues dans les documents qui est problématique, mais le fait que l’accès aux archives pouvait constituer une menace contre la capacité de renseignement du pays ! Que dire, enfin, des inexactitudes destinées à dramatiser inutilement les enjeux et inquiéter à tort nos concitoyens : que l’on se rassure, les plans de la base des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de l’Ile Longue sont protégés, et bien protégés, par la loi de 2008.
Ce vote n’est qu’une étape. Les associations vont poursuivre leur mobilisation et comptent sur les sénateurs pour que la protection des intérêts fondamentaux de la Nation soit identifiée suffisamment clairement et pour qu’elle ne porte pas atteinte de manière disproportionnée, en droit ou en pratique, à l’accès aux archives de la nation.























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