CHANGEMENT DE CONSTITUTION AU TOGO : L’OPPOSITION ET LA SOCIÉTÉ CIVILE RÉCLAMENT LA NULLITÉ DES ACTES POSÉS DEPUIS LE 6 MAI 2024
afriquenligne.tg
La décision de la Cour de Justice de la CEDEAO qualifiant le changement constitutionnel intervenu au Togo de « changement inconstitutionnel de gouvernement » continue de susciter de vives réactions au sein des forces démocratiques togolaises. Réunis à Lomé lors d’une conférence de presse conjointe, responsables politiques, défenseurs des droits humains et acteurs de la société civile ont appelé à une mobilisation nationale pour restaurer la légalité constitutionnelle.
L’honorable Tchagnaou Ouro-Akpo, président du parti Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP), a adopté un ton particulièrement ferme. Selon lui, la décision de la juridiction communautaire confirme que « le changement de la Constitution constitue un acte de haute trahison ». Il estime que « tous les actes posés depuis le 3 mai doivent être frappés de nullité », au regard de l’illégalité du régime issu de la nouvelle Constitution.
Un membre du panel a pour sa part affirmé que « cette Constitution ne peut plus s’imposer au peuple togolais ». Il a appelé chaque citoyen à assumer sa responsabilité dans la défense de la démocratie et de l’État de droit. « Chacun doit faire sa part en tant que citoyen », a-t-il insisté devant les participants.
Les organisateurs ont également mis en avant le Manifeste Génération Togo, présenté comme une feuille de route pour la transition démocratique. Selon les intervenants, ce document vise à éveiller les consciences et à favoriser une prise de responsabilité collective. « Nous avons proposé le Manifeste Génération Togo pour la prise de conscience de la population », a déclaré l’un des responsables du mouvement.
Le président de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), Maître Célestin Agbogan, a dénoncé les interprétations qu’il juge tendancieuses de la décision de la CEDEAO. L’avocat a mis en garde « contre ceux qui déforment le droit » et a invité les citoyens à se référer au contenu réel de l’arrêt rendu par la Cour communautaire.
De son côté, Jean Kissi, figure de l’opposition togolaise, a estimé que la décision de la CEDEAO ouvre une nouvelle phase de la lutte démocratique. « Plus rien ne sera comme avant », a-t-il affirmé, avant d’annoncer que « des mots d’ordre seront bientôt donnés à la population ».
Dans leur déclaration liminaire conjointe, les organisations signataires ont salué une « victoire d’étape » après l’arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO qui considère que la modification constitutionnelle opérée au Togo constitue un changement inconstitutionnel de gouvernement. Elles appellent à l’ouverture d’une transition politique afin de refonder les bases de la République et de restaurer la souveraineté populaire. Elles exhortent également les partenaires du Togo à prendre acte de cette décision judiciaire et invitent le peuple togolais à poursuivre la mobilisation « dans la persévérance » pour obtenir l’avènement d’un État démocratique.
Les organisations signataires de la déclaration
-Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH)
-Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITTO)
-Coalition de la Diaspora Togolaise pour l’Alternance et la Démocratie (CODITOGO)
-Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI)
-Alliance Nationale pour le Changement (ANC)
-Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA)
-Les Démocrates
-Démocrates Socialistes Africains (DSA)
-Forces Démocratiques pour la République (FDR)
-Nouvelle Initiative pour la Démocratie (NID)
-Parti des Togolais
-Renaissance de l’Afrique Complète Indépendante et Épanouie (RACINE)
-Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR)
Signataires au nom des mouvements initiateurs
-Thomas Kokou Nsoukpoé, Superviseur général de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK)
-Sambiri Targoné, Coordonnateur de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP)
-Tchagnaou Ouro-Akpo, Président du parti Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP)
-Nathaniel Olympio, Premier porte-parole du mouvement « Touche Pas À Ma Constitution »
Les signataires ont conclu leur déclaration en affirmant que « la transition est la seule voie pacifique » pour sortir de la crise politique actuelle et ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire du Togo.
Yawo KLOUSSE























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