AKATO-AVOÉMÉ / YIDAVÉ : LA CHEFFERIE TRADITIONNELLE ET LE CDQ INTERPELLENT L’ÉTAT SUR LE DÉPOTOIR, LE GOUVERNEMENT RENVOIE À LA MAIRIE
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À l’approche de la nouvelle saison, les populations d’Akato-Avoémé, dans la zone de Yidavé, tirent la sonnette d’alarme face aux nuisances persistantes liées au dépotoir intermédiaire implanté au cœur de leur agglomération.
Excédée par les mauvaises odeurs, les risques sanitaires et la dégradation accélérée du cadre de vie, la chefferie traditionnelle, appuyée par le Comité de Développement de Quartier (CDQ), a officiellement saisi les ministères en charge de l’environnement et de la santé.
Inauguré le 10 juin 2024 par la mairie de la Commune du Golfe 7, le dépotoir intermédiaire de Yidavé est aujourd’hui jugé inadapté à une zone fortement peuplée comme Akato-Avoémé.
Dans leur correspondance, les autorités traditionnelles dénoncent une « gestion catastrophique » du site, soulignant l’absence de mesures de contrôle sanitaire et environnemental depuis sa mise en service.
Les riverains font état d’une exposition quotidienne à des déchets toxiques non contrôlés, d’une pollution critique de l’air, des sols et des ressources en eau, d’odeurs pestilentielles permanentes, ainsi que d’une recrudescence de maladies et d’une dépréciation des propriétés environnantes.
Autant de faits qui, selon les plaignants, constituent une violation manifeste de la loi n°2008-005 portant loi-cadre sur l’environnement, notamment en ce qui concerne le droit à un environnement sain, le principe de prévention et les normes de gestion des déchets.
Face à ce qu’ils considèrent comme l’incapacité de la mairie à gérer ce site sans mettre en péril la santé des habitants, la chefferie traditionnelle et le CDQ exigent l’enlèvement pur et simple du dépotoir et sa fermeture définitive.
Ils demandent également l’ouverture d’une enquête administrative et technique pour situer les responsabilités, des mesures immédiates pour mettre fin aux nuisances et la garantie d’une protection durable du cadre de vie des populations.
En réaction, le Gouvernement togolais a publié une note circulaire en date du 12 février 2026, cosignée par quatre départements ministériels. Tout en réaffirmant son attachement à la préservation d’un environnement sain, érigée en priorité nationale et en impératif de santé publique, l’exécutif renvoie clairement la balle dans le camp des collectivités locales.
S’appuyant sur les lois relatives à l’environnement, à la santé publique et à la décentralisation, ainsi que sur les décrets fixant les compétences partagées entre l’État et les communes, la note rappelle que les maires sont tenus d’assumer leurs responsabilités en matière de gestion des déchets, de salubrité et de protection de l’environnement.
Il leur est notamment demandé d’élaborer et de mettre en œuvre des plans communaux de salubrité, d’organiser régulièrement des opérations d’assainissement et de renforcer les dispositifs de collecte, de transport et de traitement des déchets.
Si cette position gouvernementale clarifie le cadre juridique, elle laisse néanmoins les populations d’Akato-Avoémé dans l’attente d’actions concrètes et urgentes, alors que le dépotoir de Yidavé continue de peser lourdement sur leur santé et leur quotidien.
Yawo KLOUSSE





















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