TOGO – RÉPRESSION SANGLANTE DES MANIFESTATIONS : LES OSC ET ODDH DÉNONCENT UN CRIME D’ÉTAT
afriquenligne.tg
Le Togo traverse une nouvelle page sombre de son histoire. Les organisations de la société civile (OSC) et de défense des droits humains (ODDH) à la tête desquelles le professeur David DOSSEH, ont élevé la voix, ce dimanche, pour dénoncer les exactions commises par des éléments des forces de l’ordre et des miliciens lors des manifestations pacifiques des 26, 27 et 28 juin à Lomé et dans d’autres localités du pays.
Professeur David DOSSEH visiblement attristé mais toujours combatif donnera lecture de la déclaration liminaire poignante lors de ce point de presse. Les OSC et ODDH parlent d’un véritable déchaînement de violence : bastonnades, arrestations arbitraires, violations de domiciles, destructions de biens, et surtout la mort tragique d’au moins sept personnes, dont des enfants et des adolescents, dans des circonstances encore non élucidées. « Ce qui s’est déroulé durant ces trois jours restera à jamais gravé dans notre mémoire collective comme un moment d’indignation et de barbarie », ont-ils affirmé.
Des morts, des blessés et des disparus : un lourd tribut
Les témoignages recueillis par les organisations sont glaçants. Parmi les victimes :
Deux frères âgés de 22 et 25 ans repêchés morts dans le 4e lac d’Akodesséwa.
Trois corps dans la lagune de Bè, dont un adolescent de 16 ans, récemment admis au BEPC, et un enfant d’environ 12 ans non identifié.
Deux autres corps retrouvés dans la lagune de Nyékonakpoè le 28 juin.
Plusieurs victimes présentaient des blessures par balles, contredisant la version officielle évoquant de simples noyades. Aucune autopsie n’a été ordonnée à ce jour, ce qui alimente davantage les soupçons de crimes d’État.
Un climat de terreur entretenu
Les forces de l’ordre, soutenues par des miliciens qualifiés de « nervis à la solde du régime », sont accusées d’avoir agi avec une brutalité extrême : passages à tabac, pillages, intimidations et agressions dans les centres de santé. Un nouveau-né aurait failli perdre la vie lors d’une descente musclée au CMS d’Adakpamé. « Ces violences ne sont pas de simples bavures. Elles traduisent une politique délibérée de terreur », s’insurgent les signataires.
Plus de 60 personnes auraient été arrêtées, certaines relâchées de nuit après des détentions arbitraires à Togo 2000. D’autres, grièvement blessées, redoutent de se rendre à l’hôpital de peur d’être arrêtées.
Appel à la mobilisation nationale
Face à ces actes qualifiés de barbares et inhumains, les OSC et ODDH appellent toutes les forces vives du pays – syndicats, professions libérales, partis politiques, femmes, artistes, étudiants – à entrer en désobéissance civile pacifique, pour résister à ce qu’ils dénoncent comme un pouvoir autoritaire et répressif.
Ils exigent :
1. La vérité et la justice pour les victimes et leurs familles ;
2. L’arrêt immédiat de la répression et de l’impunité ;
3. La libération de tous les détenus ;
4. Le respect du droit constitutionnel de manifester ;
5. L’ouverture d’une enquête internationale indépendante. « Le Togo ne peut plus accepter l’inacceptable. Trop de sang a coulé. Trop de larmes ont été versées. Il est temps de mettre fin à la dictature. »
La rédaction























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