TOGO : LE PEUPLE DIT NON À LA NOUVELLE CONSTITUTION, LES FORCES DÉMOCRATIQUES EXIGENT LA DÉMISSION DE FAURE GNASSINGBÉ
afriquenligne.tg
Ce 12 juin 2025, les partis politiques ANC (Alliance Nationale pour le Changement), FDR (Forces Démocratiques pour la République) et plusieurs organisations de la société civile ont organisé une conférence de presse à Lomé pour dénoncer la répression sanglante des manifestations des 5 et 6 juin, et réaffirmer leur rejet catégorique de la nouvelle constitution imposée par le régime en place.
Vingt ans après « le braquage électoral » de 2005 qui a porté Faure Gnassingbé au pouvoir, les forces démocratiques montent au créneau. « Une nation ne se bâtit pas sur le silence. Peur et frustration tuent », dénoncent les organisateurs, saluant « le message courageux des évêques du Togo » qui appelle à la vérité et à l’instauration d’un véritable État de droit.
Les leaders politiques et de la société civile ont pris la parole avec fermeté. Le Professeur David Dosseh souligne « Il ne s’agit pas d’une récupération politique par rapport à la diaspora togolaise. Les 5 et 6 juin sont le début de la résistance contre le régime en place. »
Il poursuit « Nous sommes dans un pays qui ne répond pas aux aspirations du peuple. Les exaspérations ont été exprimées les 5 et 6 juin. Les personnes arrêtées ont subi des violences à la Brigade Anti-Gang de Djidjolé. Les femmes ne sont pas épargnées. »
Jean-Pierre Fabre, président de l’ANC, appelle à une prise de conscience collective : « Le moment est venu d’agir avec responsabilité. »
Il invite les citoyens à relire le message des évêques.
Maître Paul Dodji Apévon, président du FDR, a pris la parole pour clarifier la position de son parti sur la situation politique actuelle.
« Nous ne sommes pas dans une logique de récupération politique. Notre choix de ne pas siéger à l’Assemblée nationale est un acte réfléchi, et cela a profondément dérangé le pouvoir. »
Il a poursuivi :
« Nous sommes unis pour adopter une charte commune et travailler ensemble. Deux meetings ont déjà lancé cette dynamique de mobilisation. Une marche avait été prévue, mais elle a été annulée. À présent, nous devons converger toutes nos forces pour définir les modalités de la chute du régime. »
Maître Apévon a également salué le message des évêques du Togo et a lancé un appel aux autres confessions religieuses :
« Il est temps que toutes les forces spirituelles et morales du pays sortent de leur silence pour dénoncer les abus du pouvoir. Toutes les forces doivent se réorganiser pour l’assaut final. »
Il a annoncé la mise en place d’une équipe juridique :
« Une constitution d’avocats est en cours pour défendre les victimes. Des plaintes seront déposées. Rien ne sera plus comme avant. Nous affirmons que le président a terminé ses mandats et doit quitter le pouvoir. »
Prenant également la parole, Jean-Pierre Fabre, président de l’ANC, a été catégorique : « Notre marathon est en train de se terminer. Cette constitution de la 5e République est une véritable blague. »
Le Professeur David Dosseh, figure de la société civile, a quant à lui martelé :
« Le président doit démissionner. Il n’a aucune légitimité. Il a échoué sur le plan économique. Comparé au Bénin, le Togo est un échec total sur le plan social. »
Il a lancé un appel à l’unité dans la lutte :
« Aujourd’hui, nous appelons à cesser les invectives et à agir de manière responsable. »
Il a également félicité l’engagement de la jeunesse togolaise et salué les influenceurs et militants : « Nous avons applaudi l’action des jeunes blogueurs et salué AAMRON. Grâce à eux, la jeunesse se réveille. Ensemble avec toutes les autres forces, le moment est venu de désobéir. »
Yawo KLOUSSE























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