TOGO : LE JOURNALISTE SAM
DJOBO N’EST PLUS
Par Yawo KLOUSSE
afriquéligne.tg
« Quand un ami sincère disparaît, c’est un trésor de souvenirs et de liens qui s’éteint. »
Il m’a fallu un immense courage pour prendre la plume et écrire ces mots que je n’aurais jamais voulu coucher. Sam Djobo, mon ami, mon confrère, mon voisin de micro chaque lundi dans l’émission Les Spécialistes sur Pyramide FM, s’en est allé. Le choc est brutal. Oui, je savais qu’il luttait contre la maladie, mais je n’étais pas préparé à cette séparation soudaine. Mon cœur saigne. Non… c’est tout simplement incroyable.
Le monde de la presse togolaise est en deuil. Sama Tétéréou Djobo, plus connu sous le nom de Sam Djobo, est décédé dans la nuit du jeudi 10 juillet 2025. Fondateur et Directeur de Publication du journal Éveil de la Nation, il était l’une des figures les plus respectées de notre paysage médiatique. Son départ laisse un vide immense.
Sam Djobo : une passion chevillée au corps
Sam n’a pas attendu les diplômes pour se faire une place. Pourtant, il les a eus, et pas des moindres tout récemment encore, il sortait diplômé de l’École Supérieure de Journalisme (ESJ) de Paris. Mais bien avant cela, dès les années 2000, il faisait déjà vibrer les colonnes et les ondes du Togo, en fondant un journal indépendant et engagé : Éveil de la Nation.
Voix posée, regard pénétrant, il éclairait les débats dans Club de la Presse sur Kanal FM, Les Spécialistes sur Pyramide FM et Taxi Presse sur Taxi FM. Il avait ce talent rare de défendre ses idées sans jamais heurter, avec mesure et profondeur.
Une discrétion à la hauteur de son humilité
Ces dernières années, Sam avait intégré la cellule de communication de la Présidence togolaise, sans jamais renier sa rigueur, ni sa passion pour un journalisme de vérité. Même affaibli par la maladie, il continuait à écrire, à conseiller, à transmettre… jusqu’à son dernier souffle.
Le sort, hélas, s’est acharné. En avril, il perdait sa mère. Trois mois plus tard, il allait la rejoindre. Et nous, ses confrères, ses lecteurs, ses proches, nous sommes laissés là, bouleversés.
Une perte immense, un appel à la réflexion
Sam laisse derrière lui deux épouses, plusieurs enfants, une rédaction orpheline, et une génération de journalistes qui, comme moi, ont été marqués par sa sagesse et son intégrité. Son départ est aussi un rappel cruel : celui de la fragilité de nos conditions, nous journalistes togolais, souvent livrés à nous-mêmes face à la maladie.
Son corps reposera bientôt, selon les rites de l’Islam. Mais sa voix, ses écrits, son exemple continueront de résonner dans nos cœurs.
Adieu, mon frère. Adieu, mon ami.
Tu n’étais pas qu’un collègue.
Tu étais un repère.
Un trésor désormais éteint, mais inoubliable.























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