TOGO/ LE FRONT TOUCHE PAS À MA CONSTITUTION DÉSAPPROUVE ET MOBILISE CONTRE LA 5ÈME RÉPUBLIQUE
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Le Togo traverse une nouvelle crise institutionnelle majeure. Depuis le 3 mai 2025, le régime de Faure Gnassingbé bascule dans une prétendue 5ᵉ République sans référendum, contre la volonté populaire et en violation flagrante de l’article 144 de la Constitution de 1992. Cette tentative, dénoncée comme un « sacrilège contre la souveraineté nationale », marque un tournant dans la mobilisation citoyenne.
Face à cette dérive autoritaire, des voix se lèvent. Lors d’une conférence de presse tenu à Lomé le 7 mai 2025, plusieurs personnalités politiques et de la société civile ont lancé un appel solennel à la désobéissance civique. « Il faut travailler afin que le prochain rassemblement puisse libérer le Togo », a déclaré avec force Kao Atcholi ancien gendarme président de l’association ASVITO. Il a exhorté les forces démocratiques à s’unir pour rejeter la 5ᵉ République imposée par la force.
La prise de position d’Essossimna Marguerite Gnakadé, ancienne ministre des Armées, a marqué les esprits. En dénonçant publiquement le régime qu’elle servait, elle a ouvert « une brèche historique dans ce système fondé sur la peur et l’impunité », selon les mots du Front Touche Pas À Ma Constitution.
Gnakadé a décrit Faure Gnassingbé comme « l’architecte d’un système qui écrase toute voix dissidente par l’intimidation, la violence, les arrestations ou l’exil ».
Dans cette dynamique, l’ancien bras droit de Tikpi Atchadam monsieur OURO DJIKPA a prévenu : « Tant que chacun agit de son côté, la jonction sera une surprise. » Une mise en garde qui vise à éveiller la conscience collective sur l’urgence d’une action unifiée. Gnimdéwa Atakpama, quant à lui, appelle les cadres du parti UNIR à rejoindre le peuple : « Tous les cadres UNIR doivent rejoindre l’opposition et donc le peuple pour mener cette lutte. »
Sur le plan juridique, le droit constitutionnel est formel : seul un référendum peut fonder une nouvelle Constitution. Le Togo a connu quatre constitutions référendaires dans son histoire. Le 1er référendum a eu lieu le 9 avril 1961 sous Sylvanus Olympio. Le second, imposé par le coup d’État militaire, a été mené par Grunitzky le 5 mai 1963. Le général Eyadéma a instauré une nouvelle Constitution par référendum le 30 décembre 1979, suivie d’une quatrième votée le 27 septembre 1992 sous son propre régime. Cette dernière demeure la seule Constitution légitime en vigueur, plébiscitée à 98 % renchérit Kao ATCHOLI.
Or, depuis son arrivée au pouvoir, Faure Gnassingbé a multiplié les modifications constitutionnelles sans jamais consulter le peuple par voie référendaire. « Le mot révision ne signifie pas remplacement », rappelle Maître Célestin Agbogan Président de la LTDH. « Le droit de réviser n’autorise pas les députés à jeter une Constitution pour en rédiger une autre sans l’avis du peuple souverain. »
Le Front Touche Pas À Ma Constitution appelle donc tous les défenseurs des libertés à s’élever contre cette contrefaçon institutionnelle. « La Constitution, en son article 150, ordonne à chaque Togolais de désobéir et de s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime », peut-on lire dans leur communiqué. Ils exigent le retour à la légalité constitutionnelle de 1992.
Le soutien à Nathaniel Olympio, président du Parti des Togolais, est également affirmé. « La presse doit soutenir la sortie de Gnakadé et amplifier l’écho de cet acte courageux », affirme-t-on dans les rangs de l’opposition. L’objectif est de provoquer un basculement démocratique par la mobilisation populaire et médiatique.
Enfin, dans un contexte où les fondements du régime semblent se fissurer, le Front appelle à la vigilance des institutions internationales, notamment la CEDEAO et l’Union africaine. « Cette dérive monarchique est un affront à tout l’héritage démocratique africain », concluent-ils. Une déclaration forte à la veille d’un possible soulèvement populaire, pacifique mais déterminé, en faveur de la démocratie au Togo.
Yawo KLOUSSE























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