TOGO : LE COMITÉ POUR LA LIBÉRATION DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES DÉNONCE L’INSTRUMENTALISATION DE LA JUSTICE
Dans un mémorandum rendu public dès décembre 2019, le Comité pour la Libération de Tous les Prisonniers Politiques du Togo alerte sur la dégradation inquiétante de l’état de droit au Togo. Ce document, issu de longues enquêtes et du recueil de témoignages sur tout le territoire, met à nu une justice de plus en plus inféodée au pouvoir politique.
Une justice sous influence
Selon le comité, depuis les mouvements de contestation de 2017 et 2018, le pays est plongé dans une vague répressive sans précédent. Arrestations arbitraires, détentions prolongées, procès biaisés, torture, voire décès en détention : les dérives sont légion. Le mémorandum évoque un retour à l’arbitraire et à la répression politique systématique, avec une justice devenue un instrument de musèlement de la société civile et de l’opposition.
Des cas emblématiques de répression
Parmi les nombreux cas cités :
Amélé Odette Adobolo, poursuivie pour avoir refusé un mariage forcé ;
Brigitte Adjamagbo-Johnson et Gérard Djossou, arrêtés en novembre 2020 ;
Ferdinand Mensah Ayité, journaliste du journal L’Alternative, plusieurs fois poursuivi ;
Des syndicalistes du SET réprimés en janvier 2021 ;
Jean-Paul Oumolou, arrêté en novembre 2021, accusé d’incitation à l’insurrection ;
Des jeunes militants contraints à l’exil, comme MESSAN Séwa, SALLAH Agossa, Carlos KETOHOU, ou Gabriel Dekpo.
Le comité évoque également les cas de torture, de disparitions forcées, et de détentions secrètes dans des lieux non identifiés.
Des revendications claires et urgentes
Face à cette situation alarmante, le comité exige :
La libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques ;
La réparation des préjudices subis par les victimes et leurs familles ;
La création d’une commission internationale indépendante pour enquêter sur les abus ;
La suspension des magistrats et agents impliqués dans les violations ;
Le respect strict des libertés fondamentales : presse, expression, grève, organisation politique.
Un appel à la mobilisation
Le mémorandum s’adresse non seulement aux autorités togolaises, mais aussi à la communauté internationale, aux ONG de défense des droits humains, et à toutes les consciences éveillées du pays.
Malgré le manque de communication officielle sur ses activités, le Comité poursuit son travail de fond, dans la discrétion mais avec détermination. Il appelle à une mobilisation collective pour mettre fin à l’impunité, restaurer l’État de droit et redonner à la justice togolaise son rôle de pilier de la démocratie.























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