TOGO – FAUT-IL CRÉER UN CIMETIÈRE POUR ANIMAUX ? LE DÉBAT EST LANCÉ
Enquête réalisée par
Yawo KLOUSSE
afriquenligne.tg
Au Togo, les chiens, chats, perroquets et autres animaux de compagnie tiennent une place de plus en plus importante dans les foyers. Mais lorsqu’ils meurent, un grand vide s’installe : aucune structure officielle n’existe pour leur offrir une sépulture digne.
Alors que certains pays africains comme l’Afrique du Sud ou le Maroc commencent à se doter de cimetières pour animaux, le Togo reste à la traîne. Faut-il combler ce vide ? De nombreux citoyens le pensent.
Des enterrements improvisés dans les cours et terrains vagues
À Lomé, Komlan, un jeune cadre, se souvient avec émotion de son chien Simba : « J’ai dû l’enterrer derrière la maison, dans un coin du jardin. C’était la seule solution. Je voulais juste un endroit pour me recueillir, mais j’ai toujours eu peur qu’on vienne y creuser pour construire. »
Comme Komlan, de nombreux propriétaires d’animaux sont contraints d’improviser des enterrements domestiques. Ces pratiques, bien qu’émouvantes, posent parfois des risques sanitaires.
Un vétérinaire contacté par AFRIQUE EN LIGNE explique : « L’enterrement d’un animal dans un milieu urbain doit respecter des règles précises. Si le corps est contaminé, cela peut affecter les sols et les eaux souterraines. »
Un enjeu écologique et émotionnel
Dans une société où le lien affectif entre humains et animaux s’intensifie, la création d’un cimetière pour animaux n’est plus un luxe, mais une nécessité morale et écologique.
Selon certains experts en environnement, un site d’inhumation animalier bien aménagé permettrait de gérer les dépouilles dans des conditions sanitaires contrôlées tout en offrant aux familles un espace de recueillement. « Enterrer dignement un animal, c’est aussi respecter la nature », explique Afi, militante écologiste au sein d’une ONG locale.
« Nous avons des cimetières pour les humains. Pourquoi pas pour ceux qui nous tiennent compagnie et contribuent à notre équilibre émotionnel ? »
Un appel aux autorités et aux collectivités
Cette idée, encore inédite au Togo, pourrait être portée par les ministères de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, ou encore par les municipalités.
Un premier site pilote à Lomé — dans une zone verte, bien aménagée et respectueuse de l’environnement — pourrait servir de modèle à d’autres villes comme Kara, Sokodé ou Tsévié.
« Ce projet pourrait aussi créer des emplois dans la gestion écologique, les services vétérinaires et la sensibilisation au bien-être animal », souligne un enseignant en développement local.
Et pourquoi pas un “mémorial numérique” ?
À défaut d’un lieu physique, certaines associations proposent déjà la création d’un cimetière virtuel où les propriétaires peuvent publier la photo et l’histoire de leurs animaux disparus.
Une idée simple, peu coûteuse, qui pourrait être développée localement en attendant une solution concrète sur le terrain.
Réactions du public
Afi (enseignante) : « Quand mon chat est mort, mes enfants ont pleuré pendant des jours. Un lieu symbolique où l’on pourrait aller se recueillir aurait beaucoup de sens. »
Tété (étudiant en biologie) : « C’est une belle idée, mais il faut s’assurer que ce soit géré de manière écologique et non commerciale. »
Adjowa (vétérinaire) : « Un cimetière animalier, c’est aussi une question d’hygiène publique. Il faut que les autorités s’en saisissent. »
L’absence de cimetière pour animaux au Togo n’est pas seulement une question de logistique : c’est le reflet d’une évolution sociale encore inachevée.
Dans un pays qui s’ouvre progressivement aux notions de bien-être animal et de respect de l’environnement, la création d’un cimetière pour animaux serait un symbole fort de compassion et de modernité.
Il appartient désormais aux autorités, aux collectivités locales et aux citoyens engagés de transformer cette idée en réalité.
Car au fond, honorer la mémoire de nos animaux, c’est aussi affirmer notre humanité.























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