RÉCÉPISSÉ : N° 0106/HAAC/01-2024/PL/P

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TOGO : CONTRÔLE DE L’ACTION GOUVERNEMENTALE : L’HONORABLE BRIGITTE KAFUI ADJAMAGBO JOHNSON JOUE SA PARTITION ET INTERPELLE SUR LES CARENCES

TOGO : CONTRÔLE DE L’ACTION GOUVERNEMENTALE : L’HONORABLE BRIGITTE KAFUI ADJAMAGBO JOHNSON JOUE SA PARTITION ET INTERPELLE SUR LES CARENCES

Reportage : Yawo KLOUSSE
afriquenligne.tg
Mis en ligne le 05/03/25

Blue gine, tricot noir en haut, dame Brigitte Kafui Adjamagbo Johnson avait entrepris pour le contrôle de l’action gouvernementale dans l’exercice de ses droits de parlementaire, une tournée sur le terrain pour constater l’évolution des travaux relativement aux chantiers d’aménagement urbain entrepris dans la capitale togolaise depuis plus de 4 ans.

Le constat est décevant, face à la presse, l’honorable Brigitte Kafui Adjamagbo Johnson a restitué toutes les carences qu’elle a pu observer et les recommandations formulées à l’endroit du gouvernement afin d’atténuer les souffrance des populations.

Voici point par point les observations :

1 -Boulevard Mobutu

Les travaux du Boulevard Mobutu sont réalisés par CENTRO S.A. sous le contrôle du Bureau AGECET.
Le taux d’avancement est de l’ordre de 55,82% pour un délai consommé exponentiel de 344,5 %. Les
travaux qui ont commencé il y a quatre ans sont arrêtés à cause des problèmes qui ont conduit à la
demande de révision du prix du marché de base :
⚫ les réseaux TDE à déplacer n’avaient pas été correctement identifiés lors de l’étude préalable et
n’ont donc pas été pris en compte dans l’évaluation des coûts des travaux. La découverte en cours
de réalisation d’un réseau important a même conduit à adopter la solution technique d’une
déviation de la route sur une longue distance pour ne pas endommager le réseau ;
les réseaux de la Société d’Infrastructures Numérique (SIN) découverts après le démarrage des
travaux se sont ajoutés aux réseaux existants à déplacer. Pourquoi les installations de SIN n’ont pris
compte les études existant déjà sur les voies avant d’implanter leurs réseaux ?
les travaux ayant démarré en 2021 après la COVID 19 et l’entreprise n’ayant pas pu les terminer
dans le délai de 11 mois prévu au contrat, l’inflation liée à la COVID a considérablement impacté
les prix des matériaux qui ont flambé.
Face à cette situation, les 52 millions fcfa que les études avaient prévus pour le déplacement des
réseaux sont passés à plus de 300 millions fcfa, soit 481 % d’augmentation. En tenant compte de cette
augmentation, des quantités dues à la déviation de la voie sur la rue Litimé et de la flambée des prix
des matériaux, l’entreprise exige une actualisation du marché à la hausse de 70 % alors que les textes
en vigueur n’autorisent pas plus de 30 % d’actualisation.
Les travaux sont donc bloqués en attendant que le problème soit réglé et selon l’entreprise, même si
la situation était débloquée dans les jours à venir, ces travaux qui ont démarré depuis 4 ans ne
pourront pas être terminés en 2025 sans le paiement régulier des décomptes.

2. Rue des Handicapés et Avenue Tchaoudjo
Les travaux de la Rue des Handicapés + rue atlantique y compris sa bretelle sur la rue Litimé pilotés
par l’entreprise ICC sont à un taux d’avancement de 60 %, et un délai consommé de 224 %.
Les travaux de l’Avenue Tchaoudjo + rue des Robinets y compris sa bretelle sur rue Tévetias, sont
exécutés par l’entreprise IBC. Leur taux d’exécution est de 43 % avec un délai consommé de 224 %.
Les travaux des deux entreprises sont contrôlés par le bureau BEI&C/GTAH/BETIC.
Les entreprises sont toutes les deux confrontées à un même problème : celui des décomptes impayés
qui les obligent à suspendre leur travaux qui pourtant avançaient bien.

3. Boulevard Houphouët Boigny
Les travaux sur le Boulevard Houphouët Boigny connaissent un taux d’avancement de 33 % pour 160%
du délai consommé.
Le chantier qui est lancé depuis décembre 2022 est suspendu. Les caniveaux préfabriqués sont posés
le long de la rue. Les déplacements de réseaux prévus ont connu plus de 500 millions de fcfa
d’augmentation soit 50 % de leur coût initial. Ces déplacements n’ont pas encore été tous effectués.
Mais la raison principale de l’arrêt des travaux est le non-paiement de deux décomptes (l’un déposé
en février et l’autre en juin 2024). L’entreprise affirme que sur un marché de 11,8 milliards de fcfa, elle
n’a encaissé à ce jour que 5% de ce montant, y compris l’avance de démarrage.

4. Rue Maria Auxiliadora
L’aménagement de la Rue Maria Auxiliadora visitée en dernière position est confié à l’entreprise CETA
sous le contrôle de Bureau d’étude AGECET. Les travaux enregistrent un taux d’avancement de 55 %
et ont consommé 345 % du temps prévu.
Deux difficultés ont été relevées sur ce chantier :
• l’identification des réseaux a été mal faite dans l’étude préalable, ceci ajoutée aux quantités qui
ont augmenté explique l’introduction d’une actualisation du marché de base qui est passé de 1,5
milliards à 2,25 milliards;

l’entreprise enregistre un décompte impayé depuis 2024.
Ces problèmes ont conduit à l’arrêt de ce chantier qui a démarré depuis 2021.

Voici les recommandations formulées :

Pour ces chantiers visités et tous les autres en souffrance sur toute l’étendue du territoire :
1. nous demandons au gouvernement de prendre des mesures concrètes afin de mettre un terme au
calvaire que subissent les populations depuis près de quatre ans ;
2. nous exigeons du gouvernement un renforcement de la qualité des études techniques en amont
afin d’éviter des dépassements excessifs dus à la variation des quantités et au déplacement des
réseaux, y compris leurs conséquences néfastes sur les usagers des infrastructures réalisées ;
3. nous réclamons du Parlement la mise en place d’un suivi parlementaire rigoureux et systématique
des projets publics, garantissant ainsi une gestion plus efficace et transparente des ressources de
l’État ;
4. nous souhaitons de la Cour des comptes la réalisation d’un audit approfondi des projets
d’aménagement d’infrastructures afin de permettre à chacun d’en tirer des leçons et aux maîtres
d’ouvrage des administrations de l’État et des collectivités territoriales d’assurer une utilisation plus
rationnelle, rigoureuse et efficace des fonds publics.

Yawo KLOUSSE

Yawo KLOUSSE

Journaliste, Directeur, Editeur du Site afriquenligne.tg

Journaliste et éditeur passionné par l’actualité africaine, il dirige Afriquenligne.tg avec l’ambition de livrer une information fiable, claire et proche du terrain.

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