Un espace civique vivant est le socle même de la démocratie et de la paix sociale. Lorsqu’il s’étiole, c’est la société entière qui vacille. Défendre cet espace, c’est préserver la voix de chacun et le souffle collectif qui nous maintient debout.
QUAND LE SILENCE DEVORE LA PLACE
Lorsque la place publique s’efface,
c’est l’écho du vide qui prend parole.
Là où les voix s’entremêlaient pour bâtir,
ne subsiste plus qu’un murmure effacé,
un souffle clandestin,
timide et sans témoin.
L’arbre du dialogue, privé de racines,
se fane dans l’ombre des indifférences.
Les pierres jadis assemblées par le soin commun
se disloquent,
et les ruelles, sans veille,
deviennent corridors pour les vents désordonnés.
Là où l’on ne débat plus,
là où l’on n’ose plus se regarder dans les yeux,
le désordre ne frappe pas
il s’installe.
Il tisse ses lois invisibles,
et la cité, privée de sa respiration,
apprend à vivre dans l’apnée.
Car un espace civique n’est pas seulement un lieu,
c’est la frontière invisible
entre le fragile équilibre
et la chute.
DJODJI KLUTSE,
Défenseur des droits de l’homme, Alumni Mandela Washington Fellowship 2023























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