MES PREMIERS PAS À L’ÉCOLE PRIMAIRE CENTRALE DE TOHOUN : SOUVENIRS D’UNE ENFANCE FORGÉE PAR L’ÉCOLE ET LES VALEURS
Par Yawo KLOUSSE
afriquenligne.tg
Dans la vie de chaque homme, il existe des lieux qui marquent à jamais la mémoire. Des lieux qui ont façonné l’esprit, construit la personnalité et ouvert les premières portes du savoir.
Pour moi, cet endroit porte un nom : Tohoun, petite ville chargée d’histoire située dans la région des Plateaux, à environ 150 kilomètres de Lomé.
C’est à l’École primaire centrale de Tohoun que j’ai fait mes premiers pas dans le monde de l’éducation. Un lieu simple en apparence, mais immense par l’impact qu’il a eu sur la vie de nombreux enfants du Moyen-Mono.
À cette époque, l’établissement était dirigé par un homme dont la rigueur et le sens du devoir ont marqué toute une génération : le directeur Sodji.
Pour lui, l’école n’était pas seulement un lieu d’apprentissage, c’était une véritable mission. Il faisait de l’éducation une vocation et veillait avec exigence à transmettre aux élèves non seulement le savoir, mais aussi les valeurs de discipline, de respect et de travail.
Dans ces salles de classe aux murs parfois modestes mais riches de sens, plusieurs enseignants – que nous appelions affectueusement « maître » – ont contribué à former notre esprit et notre caractère.
Je me souviens particulièrement de Maître Koffi, qui m’avait accueilli au CP2. Un enseignant dont la patience et le sens pédagogique ont marqué mes premiers apprentissages.
Aujourd’hui, il n’est malheureusement plus de ce monde, mais son souvenir demeure vivant dans la mémoire de ses anciens élèves.
Je pense également à Maître Teyi, mon enseignant de CE1, lui aussi disparu. Comme beaucoup d’éducateurs de cette époque, il incarnait la rigueur et l’amour du travail bien fait.
D’autres noms continuent de résonner dans ma mémoire : Maître Agboati, qui enseignait au CM, Maître Abotchi, et tant d’autres enseignants qui ont consacré leur vie à l’éducation des enfants de la région.
Chacun d’eux a laissé une empreinte indélébile dans nos parcours.
Ces souvenirs me ramènent à une époque où Tohoun était la sous-préfecture du Moyen-Mono, une localité paisible où la vie s’écoulait au rythme de la nature et des traditions.
Je me rappelle aussi des moments passés près du Fleuve Mono, qui traverse la région et accompagne l’histoire de ses habitants. Non loin de là, la rivière Danfoly continue de couler, témoin silencieux du passage du temps.
Et puis il y a le cimetière du village, ce lieu de recueillement où reposent aujourd’hui de nombreux visages familiers.
Des enseignants, des parents, des amis d’enfance… Autant de personnes qui ont partagé une partie de notre chemin.
En revisitant ces souvenirs, une pensée s’impose avec force : la vie est courte. Les années passent, les générations se succèdent, mais les valeurs transmises par nos maîtres demeurent.
L’école primaire centrale de Tohoun n’était pas seulement un établissement scolaire. Elle était une école de la vie. C’est là que nous avons appris à lire, à écrire, à compter, mais aussi à respecter l’autre, à persévérer et à croire en l’avenir.
Aujourd’hui encore, lorsque je repense à ces premières années d’école, je mesure combien ces hommes et ces femmes ont contribué à bâtir ce que nous sommes devenus.
À travers ces lignes, c’est donc un hommage que je rends à tous ces enseignants, parfois oubliés, mais dont l’héritage continue de vivre dans la réussite de leurs anciens élèves.
Car au fond, derrière chaque parcours se cache toujours une école… et des maîtres qui ont su éclairer le chemin.























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