GHANA : VERS UN TEST ADN OBLIGATOIRE POUR TOUS LES NOUVEAU-NÉS, UNE RÉFORME QUI INTERPELLE LE TOGO
Par : Yawo KLOUSSE
afriquenligne.tg
Le Ghana examine actuellement une proposition de loi qui pourrait profondément transformer son système d’état civil. Des parlementaires ghanéens discutent d’un texte visant à rendre obligatoire un test ADN pour chaque nouveau-né avant la délivrance de son acte de naissance.
L’objectif affiché est de garantir la fiabilité de la filiation, de lutter contre les fraudes à l’identité, de prévenir les erreurs de déclaration et de renforcer la crédibilité du système national d’état civil.
Bien que cette mesure ne soit pas encore adoptée, elle suscite déjà de nombreux débats à travers le continent africain, où les questions liées à la filiation, à l’identité et à la sécurisation des données civiles demeurent des enjeux majeurs.
*Une réforme qui pourrait inspirer le Togo*
Au Togo, la problématique de l’état civil reste préoccupante. Les déclarations tardives de naissance, les actes établis sur la base d’informations erronées ou frauduleuses ainsi que les conflits de filiation continuent d’alimenter les contentieux devant les juridictions.
Face à cette situation, AFRIQUE EN LIGNE estime que les autorités togolaises devraient engager une réflexion nationale sur l’introduction progressive du test ADN dans les procédures relatives à la filiation et à l’établissement de l’identité civile.
*Cette réforme pourrait permettre :*
– D’assainir durablement le fichier national de l’état civil ;
– De réduire les fraudes liées aux actes de naissance ;
– De sécuriser les données d’identité des citoyens ;
– De protéger les droits des enfants à connaître leur véritable filiation ;
– De limiter les conflits successoraux et familiaux ;
– De renforcer la confiance dans les documents administratifs délivrés par l’État.
Rendre le coût du test ADN accessible à tous
Toutefois, une telle réforme ne saurait être efficace sans une politique de démocratisation du test ADN.
Aujourd’hui, le coût d’un test ADN demeure élevé pour une grande partie de la population togolaise. L’État devrait donc envisager :
– Une réglementation des tarifs pratiqués par les laboratoires ;
– La création de laboratoires publics spécialisés ;
– Une subvention partielle ou totale des tests pour les familles à faibles revenus ;
– L’intégration du test ADN dans certains programmes de santé publique.
L’accès à la vérité biologique ne doit pas être réservé aux seules personnes disposant de moyens financiers importants.
*Des sanctions contre les fraudeurs*
L’introduction du test ADN devrait également s’accompagner de sanctions exemplaires contre les auteurs de fraudes à l’état civil.
Les personnes qui procèdent volontairement à de fausses déclarations de naissance, à des substitutions d’enfants, à des reconnaissances frauduleuses de paternité ou à toute autre manipulation destinée à tromper l’administration devraient être poursuivies conformément à la loi.
L’objectif n’est pas seulement de découvrir les irrégularités, mais aussi de dissuader durablement les pratiques qui fragilisent le système national d’identification.
*Pour un état civil moderne et fiable*
Le développement économique, la sécurité juridique et la bonne gouvernance reposent sur un état civil fiable. À l’heure où plusieurs pays africains modernisent leurs systèmes d’identification, le Togo gagnerait à ouvrir un large débat national sur l’utilisation encadrée des tests ADN comme outil de sécurisation de l’identité.
L’expérience actuellement débattue au Ghana offre l’occasion d’engager cette réflexion. Pour de nombreux observateurs, l’avenir de l’état civil africain passera nécessairement par des mécanismes plus rigoureux de vérification de l’identité et de la filiation.
*Le Togo ne devrait pas rester en marge de cette évolution.*
























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