GESTION DE LA DETTE AU TOGO : LE FRONT « TOUCHE PAS À MA CONSTITUTION » INTERPELLE l’UNION AFRICAINE DANS UN COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Alors que l’Union Africaine organisait le 12 mai à Lomé une conférence de haut niveau sur la dette publique autour du thème « Restaurer et préserver la viabilité de la dette », le front citoyen Touche Pas À Ma Constitution a lancé un pavé dans la mare. À travers une déclaration incisive, le mouvement questionne ouvertement la gestion de la dette publique par le régime de Faure Gnassingbé, et interpelle les instances africaines sur le silence complice face à l’opacité budgétaire au Togo.
Une dette abyssale, sans résultats visibles
Selon les données évoquées par le front, en vingt ans, le Togo aurait contracté près de 15 000 milliards de francs CFA de dettes. Pourtant, la dette publique actuelle s’élève encore à 4 217 milliards de francs CFA, soit environ 70 % du PIB. Et malgré ce lourd endettement, le constat est amer : aucun hôpital de référence, aucune université moderne, aucune autoroute, aucun centre sportif, aucun réseau ferroviaire, aucun parc technologique n’a vu le jour.
« Où va l’argent emprunté ? » s’interroge le front. C’est, selon lui, la seule question qui mérite d’être posée aujourd’hui mais qui reste absente des discours officiels.
Une conférence jugée déconnectée de la réalité
Le coordinateur de la conférence de l’Union Africaine, Dr Patrick Ndzana Olomo, par ailleurs directeur par intérim du développement économique et du commerce à la Commission de l’Union Africaine, a été directement interpellé par le front citoyen. Jusqu’ici, aucune réponse n’a été formulée à leurs préoccupations.
Crise constitutionnelle et nomination controversée
Le communiqué ne s’arrête pas à la question économique. Il fustige également la récente désignation de Faure Gnassingbé comme médiateur dans le conflit entre le Rwanda et la RDC. Une nomination qui passe mal auprès de nombreux Togolais, alors même que le pays traverse une grave crise constitutionnelle interne.
Pour le front, cette décision de l’Union Africaine traduit un mépris des souffrances du peuple togolais, et constitue une violation manifeste de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
Un appel à la vigilance citoyenne
« Que viennent les tyrans, ton cœur soupire vers la liberté ! » conclut la déclaration, dans un appel lyrique à la conscience populaire. Le front Touche Pas À Ma Constitution entend maintenir la pression sur les autorités nationales et continentales pour exiger transparence, redevabilité et justice économique.























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