DEVOIR DE MÉMOIRE_
Edith Rosalie Omolara AGUIAR
Il était une fois…
L’ École Normale des Jeunes Filles de Rufisque.
« C’est en écrivant l’histoire que nous la retiendrons ».
Ainsi s’adressait -on à une époque aux jeunes filles du Bénin (ex -Dahomey) , de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Niger, du Mali (Soudan Francais) du Burkina Faso, (Haute Volta) du Gabon, du Togo et du Cameroun ( sous protectorat) parmi les meilleures de leur promotion; qui ont fréquenté l’ École Normale des Jeunes Filles de Rufisque au Sénégal.
C’était dans les années 1938 le bastion de l’élite féminine africaine.
Mamy Édith Aguiar , l’une des pensionnaires de la VIIIe promotion de 35 élèves dont 10 Dahoméennes (1944-1948) a voulu à travers cet ouvrage nous raconter tant de souvenirs, de sa vie de jeune fille, d’élève , d’enseignante de ses camarades,du personnel enseignant sans oublier ses joies et ses peines. Ce journal fait par ailleurs cas de l’éducation et la culture des enseignantes avant les indépendances.
Depuis longtemps, elle couchait ses idées, peaufinait le manuscrit sans jamais le finaliser jusqu’à son départ pour la vie éternelle le 21 mars 2019 à 93 ans. A nous à présent de le faire éditer pour perpétuer sa mémoire. Aujourd’hui, c’est chose faite !
Il était une fois l’École Normale des Jeunes Filles de Rufisque (E.N.J.F.R ).
Pourquoi ce titre ?
L’histoire de cette école est un conte de fée , un jardin d’Éden, où la fée Germaine. Le Goff une Française ( fondatrice de E.N.J.F.R) a su transformer un loup en agneau,où l’enfant a caressé le cobra sans être mordu.
Et poursuit-elle l’idée de faire l’historique de cette école des années 1938 à 1952 , m’est venue lorsque deux de nos aînées ont célébré leur 80 (ème) anniversaire dont près de 30 années de retraite.
J’ai alors pensé que notre génération s’en va et peut être s’éteindra et on ne parlera plus de nous. Vos arrières petits enfants ne sauront rien de nous,de ce que nous avions été, de ce que nous avons fait. Nous aurions même disparu de nos États, de ces fédérations qui furent l’ex Afrique Occidentale Française (AOF) et l’ex Afrique Equatoriale Française (AEF).
J’ai pensé que nous ne devions pas parcourir la vie à la manière d’une étoile filante; qui brille et disparaît sans laisser de traces.
Aujourd’hui ces jeunes filles devenues
femmes, épouses, mères, éducatrices ont exercé leur noble métier avec conscience et dévouement. Certaines sont devenues des cadres de haut niveau au plan national international. ministres, députés, journalistes, sage – femmes, avocats, enseignantes ou inspectrices de l’éducation, écrivaines, déléguées dans des forums internationaux, femmes d’affaires etc. Leurs enfants ainsi que ceux qu’elles ont formées, sont aussi devenues des médecins, des cadres de haut niveau,professeurs agrégés, pharmaciennes, pilotes, hauts responsables dans l’armée.
* »*Une retraite, selon elle est toujours bien arrivée, bien accueillie lorsqu’on a exercé le métier d’enseignant avec amour et passion*.
*Seule ou avec son conjoint on pense à avoir un « chez soi »*,*pour le temps de la retraite* : *cela a été l’idéal de ces institutrices, qui toutes ont construit et vivent dans leurs maisons aujourd’hui*.
*Les temps ont changé*.*La vie coûte chère alors que les enseignants sont très mal payés.
Aucune considération pour cette noble tâche accomplie; celle de transmettre le savoir.
*Je les encourage à avoir une habitation, car* « *On n’est mieux que chez soi*. >> *Il faut se battre pour vivre un jour dans une maison, œuvre de ses efforts, de son travail*.*
Notons que la Togolaise Feue Marguerite Trénou Thompson ( Avocate décédée)fut parmi les toutes premières surveillantes générales de l’école.
D’autre part l’école William Ponty ,accueillait pour sa part les jeunes gens.
Qui était Édith Omolara AGUIAR ?
.Edith Rosalie Omolara AGUIAR à vu le le 15 août 1926 à Douala au Cameroun. Elle obtint son C.E.P.E.( Certificat d’Etudes Primaires Elementaires )en 1942. Elle passa brillamment le concours d’entrée à L’ École Normale des Jeunes Filles de Rufisque ( E.N.J.F.R)en 1944.
Elle en sort quatre ans plus tard en devenant enseignante pendant plus de 15 ans dans plusieurs villes : Porto-Novo, Savè et Natitingou au Dahomey, puis à Dosso, Tahoua au Niger. Revenue dans son pays; le Bénin, elle fut affectée à Cotonou.
En 1964, elle est nommée comme Surveillante Générale au Lycée des Jeunes Filles ,Toffa 1er à Porto-Novo et y resta près de 15 ans avant sa retraite le 1er juillet 1979.
Très active, elle s’adonna à servir sa communauté, sa famille, les pauvres, les amis du 3è âge et la Fondation Femmes d’Afrique et Cultures – Mémorial de Rufisque (F.A.C.M.R.).
Après 39 ans de retraite paisible et bien occupée, elle rejoint son Créateur leu 21 Mars 2019. Elle laisse derrière elle, 2 filles, 8 petits enfants et une douzaine d’orphelins tous adoptés
























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