DEVOIR DE MEMOIRE :*
*64 ANS* *D’INDEPENDANCE DU TOGO*
*DES MÉMÉS RACONTENT…..
Texte actualisé par : AGUIAR AYODÉLÉ Victorine
Le Togo, commémore ce 27 Avril 2024, le 64eme anniversaire de son accession
la souveraineté nationale.
Le TOGO commémore ce 27 avril le 64ème anniversaire de son accession à la
souveraineté nationale : Fières d’avoir vécu ce jour mémorable du 27 avril
1960, des mémés livrent ces témoignages poignants lors d’un micro trottoir
réalisé en avril 2016.
*Mamy Eusebio Poenou* (89 ans)
Couturière en trousseau-Bébé
« Aujourd’hui, les femmes militent pour de l’argent. »
Je ne militais dans aucun parti politique et pourtant j’avais de l’admiration pour
ces femmes nationalistes ; je me rappelle comme si c’était hier. Le 27 Avril
1960, j’avais 25 ans à l’époque, je m’étais rendue avec d’autres femmes à la
place de l’indépendance. Nous étions fières du monument qui portait
l’inscription : « Hommage au peuple togolais. Par ta foi, ton courage et tes
sacrifices, la Nation Togolaise est née ».
Une fois, l’indépendance acquise, un groupe de Togolaises a créé une
association apolitique très puissante dénommée UFEMTO (Union des Femmes
du Togo) regroupant des milliers de femmes, pour la plupart des commerçantes
sans distinction de religion, d’appartenances politiques ou d’ethnies.
Dirigée par Feue Dina Olympio (épouse de Feu Sylvanus Olympio) elles
œuvraient pour l’éducation et la promotion de la femme. Ces femmes au nombre
desquelles figuraient aussi des sages-femmes, des institutrices, dispensaient
gratuitement deux fois par semaine des cours de français, d’anglais, d’allemand
et d’éwé dans plusieurs quartiers de la capitale. Aujourd’hui, les femmes
militent pour de l’argent, entrainant les jeunes, sans se soucier de leur avenir.
Après 6 décennies, le pays va très mal très mal ; miné par la baisse du pouvoir
d’achat, le chômage, la corruption, la pauvreté etc…Comme le disent les
anglais :’’wait and see’’
*Maman Djigbodi Acolatse-Kpodar :* 86 ans (couturière)
‘’Les femmes ont peur de s’engager en politique’’
Pour nous amener à comprendre le mot ‘’indépendance’’ ou ‘’Ablodé’’ dans la
langue locale, un travail pédagogique a été accompli, par les leaders du parti
CUT. Un mot qui traduisait la liberté permettant aux Togolais de sortir du joug
colonial et de se gouverner eux-mêmes. Je me rappelle que le 27 Avril 1960,
nous avions fêté dans la cocoteraie Pa de Souza aux côtés des militants du CUT.
Je salue, le courage et la bravoure des femmes, dont l’action soutenue a été le
gage du succès des partis nationalistes.
De nos jours, les femmes ont peur de s’engager en politique. Certaines le font
pour de l’argent, d’autres ont peur des représailles militaires.
L’histoire de la longue marche du Togo vers son indépendance retiendra
quelques figures, féminines de proue, dont la plupart sont décédées.
Malheureusement après l’indépendance nos espoirs sont toujours déçus et les
maux de toutes sortes persistent.
Mémé *françoise Zamba épouse Missodey* (commerçante ; 84 ans)
« La joie hier, l’amertume aujourd’hui ».
J’avais 28 ans à l’époque, et cette indépendance était un
évènement très attendu. Le jour « J » lors de la cérémonie officielle, le
président Olympio a prononcé son discours. « Les petits chanteurs à la
croix de bois » venus de France, ont chanté l’hymne nationale :
TERRE DE NOS AÏEUX.
Nous avions appris l’hymne national en éwé et en français composé
par les frères Dosseh et des drapelets du drapeau Togolais œuvre de
Paul Ayi qu’on nous avait distribué.
En plus des nombreuses réjouissances tam-tam, feux d’artifices,
défilés de femmes, retraites aux flambeaux, courses aux pirogues,
matchs de football, tout cela faisait notre fierté.
Malheureusement, 03 décennies plus tard, on a changé l’hymne
nationale, cela n’a pas été facile à vivre. Peu à peu on a récupéré
l’hymne en 1990 et récemment la fête du 27 Avril qu’on avait même
supprimé des fêtes officielles. Aujourd’hui, rien n’a changé du
paysage politique, mésententes, incompréhensions, minent la classe
politique. Mauvaise gouvernance, absences de valeurs morales,
impunité, détournements de fonds publics, fraudes, chômages,
pauvreté croissante, sont autant d’obstacles qui freinent l’essor du
Togo depuis 6 décennies.
Pour un Togo plus prospère, il faut de l’ordre de la rigueur, dans tous
les domaines, plus précisément la gestion équitable des ressources
nationales. Pas de laxisme.
Maman *Dopévi Dogbé-Haden dite Atakpaméto* (98 ans en 2016)
Revendeuses de tissus imprimés
« L’argent ne me détourneras jamais de mon combat »
A 98 ans, elle était une farouche militante de l’Alliance Nationale du
Changement (ANC), principal parti d’opposition dont elle préside le
comité des sages.
Malgré son âge avancé, elle poursuit son combat pour que l’alternance
soit une réalité, mais elle est décédée en 2019.
En 1960, j’avais 42 ans et j’étais femme au foyer et militais dans le
CUT, principal parti des nationalistes Togolais qui menait la lutte pour
l’indépendance du pays.
Notre lutte a été payante, car le 27 Avril 1960, les nationalistes
vainqueurs des élections de 1958 ont proclamé l’indépendance du
Togo et choisi M. Sylvanus Octaviano Olympio comme premier
Président du Togo. Malheureusement ce dernier a été assassiné le 13
Janvier 1963 par un coup d’état militaire.
Les femmes ont joué un rôle déterminant dans la lutte pour
l’indépendance en militant massivement et en contribuant
financièrement à la vie des partis politiques par des contributions
spéciales ou des dons volontaires.
Au marché, elles étaient très actives en vantant leurs marchandises,
qu’elles intercalaient par des avis de réunions, de meetings à la maison
Pa de Souza. Courageuses et déterminées, elles étaient très
dynamiques dans la diffusion des tracts et communiqués de ralliement,
dissimilés dans les sacs de gari ou maïs, ou de charbon, pour échapper
à la répression coloniale. Grâce à maintes astuces, elles défiaient, le
pouvoir colonial du gouverneur Digo.
Voilà, une preuve qui, à cette époque témoigne, que les femmes
voulaient être libres avant tout, et ne dépendre que d’elles-mêmes.
Aujourd’hui, les femmes militent pour de l’argent, c’est une erreur.
Elles sont prêtes à tout, sans connaitre leurs droits.
Ma conviction, est que les choses, changent. Six décennies, d’une
mauvaise gouvernance, d’une gestion calamiteuse, sans arriver à
l’alternance. Je souhaite que les réformes constitutionnelles et
institutionnelles soient vite entreprises pour le grand bonheur de tous
les Togolais.
























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