CONGO : PIERRE MOUTOUARI, LÉGENDE DE LA RUMBA CONGOLAISE, S’EN EST ALLÉ
Par Yawo KLOUSSE
afriquenligne.tg
« *La mort emporte l’homme, mais jamais la mélodie de son âme*. »
Les Togolais, comme de nombreux Africains, ont longtemps dansé sur les rythmes envoûtants de Pierre Moutouari. Des soirées de Lomé à celles de Kara, ses chansons résonnaient dans les bars, les mariages et les radios locales. Aujourd’hui, ils sont nombreux à être profondément affectés par la disparition de cet artiste dont la musique a traversé les frontières et marqué plusieurs générations.
Le monde de la musique congolaise est en deuil. Pierre Moutouari, figure emblématique de la rumba et du soukouss, s’est éteint à l’âge de 75 ans à l’hôpital Simone-Weil d’Enghien-les-Bains, en région parisienne, des suites d’une maladie. Sa disparition laisse un grand vide dans le patrimoine musical des deux Congo et de toute l’Afrique francophone.
Une icône de la musique congolaise
Né à Brazzaville en 1950, Pierre Moutouari est considéré comme l’un des pionniers de la modernisation de la rumba congolaise. Très jeune, il se fait remarquer par sa voix puissante et son sens exceptionnel de la mélodie. Dans les années 1970, il fonde le groupe Les Sossa avant de rejoindre Les Bantous de la Capitale, puis de briller en solo avec des titres devenus mythiques.
Parmi ses succès les plus marquants figurent « Missengué », « L’Argent appelle l’argent », « Maman Ya Zadio » ou encore « Mobali Malamu », des chansons qui ont marqué des générations de mélomanes à travers l’Afrique et la diaspora.
Un artiste respecté et un père de la musique moderne
Pierre Moutouari appartenait à une lignée d’artistes renommés. Son frère Michel Moutouari et son fils Jean Baron Moutouari ont, eux aussi, contribué à perpétuer la tradition musicale familiale. Ensemble, ils ont porté haut les couleurs de la rumba congolaise sur les scènes internationales.
Toujours fidèle à ses racines, Pierre Moutouari a su allier la douceur de la rumba classique aux sonorités modernes du soukouss, influençant de nombreux jeunes artistes congolais et africains.
Des hommages unanimes
Depuis l’annonce de sa mort, les réactions affluent du Congo-Brazzaville, de la RDC et du monde entier. Des artistes comme Koffi Olomidé, Roga Roga, ou encore Sam Fan Thomas ont salué « un monument de la musique africaine » et « une voix d’or qui ne s’éteindra jamais ».
Le gouvernement congolais a exprimé sa « profonde tristesse » et rendu hommage à un « artiste qui a dignement représenté le Congo sur les scènes internationales ».
Un héritage immortel
Pierre Moutouari laisse derrière lui une discographie impressionnante et un héritage culturel inestimable. Ses chansons continuent de résonner dans les cœurs des amoureux de la rumba, témoignant d’une époque où la musique congolaise portait haut les valeurs d’amour, de fraternité et de fierté africaine.
Pierre Moutouari n’est pas mort. Il vit à travers chaque note de rumba, chaque mot d’amour chanté avec passion », a déclaré un fan ému à Brazzaville.
Le programme officiel de ses obsèques sera communiqué dans les prochains jours, mais déjà, tout un continent s’incline devant la mémoire d’un géant.























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