RÉCÉPISSÉ : N° 0106/HAAC/01-2024/PL/P

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CONFÉRENCE DE L’APF À LOMÉ : QUATRE REGROUPEMENTS POLITIQUES ET DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DÉNONCENT « UNE VITRINE DÉMOCRATIQUE TROMPEUSE »

CONFÉRENCE DE L’APF À LOMÉ : QUATRE REGROUPEMENTS POLITIQUES ET DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DÉNONCENT « UNE VITRINE DÉMOCRATIQUE TROMPEUSE »

Reportage : Yawo KLOUSSE
afriquenligne.tg

Réunis au siège de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), les responsables de la DMP, de la DMK-ORIGINALE, du LDP et du Front « Touche Pas À Ma Constitution » ont vivement critiqué la tenue à Lomé de la 17e Conférence des Présidents d’Assemblée et de Section de la Région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF). Ils accusent l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) de fermer les yeux sur les atteintes à la démocratie, aux libertés et aux droits de l’homme au Togo.

Les premiers responsables de la DMP, de la DMK-ORIGINALE, du LDP et du Front « Touche Pas À Ma Constitution » ont animé une conférence de presse ce mardi au siège de la DMP à Lomé, à l’occasion de la tenue de la 17e Conférence des Présidents d’Assemblée et de Section de la Région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), prévue du 7 au 9 avril 2026 dans la capitale togolaise.

Face aux journalistes, Thomas Kokou Nsoukpoe, superviseur général de la DMK, Sambiri Targone, coordonnateur, Tchagnaou Ouro-Akpo, président du LDP, ainsi que Nathaniel Olympio, premier porte-parole du Front « Touche Pas À Ma Constitution », ont exprimé leurs profondes inquiétudes quant au choix du Togo pour accueillir cette rencontre consacrée à la démocratie, à l’État de droit, à la coopération interparlementaire et à la situation politique en Afrique.

Pour les organisateurs de cette conférence de presse, la tenue de cet événement à Lomé donne une image déformée de la réalité politique togolaise. Ils estiment que la Francophonie fait honneur aux autorités togolaises alors même que, selon eux, le pays traverse une grave crise démocratique marquée par la restriction des libertés publiques, les arrestations de militants et la remise en cause du suffrage universel.

Dans leur déclaration liminaire, les responsables de l’opposition ont rappelé que le président Faure Gnassingbé dirige le Togo depuis plus de deux décennies, après avoir succédé à son père, Gnassingbé Eyadéma, resté au pouvoir pendant 38 ans. Ils dénoncent également l’adoption, le 19 avril 2024, d’une nouvelle Constitution sans consultation populaire.

Selon eux, cette réforme constitutionnelle a profondément modifié l’architecture institutionnelle du pays, en supprimant notamment l’élection du président de la République au suffrage universel direct au profit d’un régime parlementaire qu’ils jugent contraire aux standards internationaux.

Les conférenciers considèrent que cette nouvelle Constitution ouvre la voie à une présidence sans limitation de durée et sans obligation d’élection populaire directe. Ils regrettent par ailleurs le silence de l’Organisation internationale de la Francophonie sur cette réforme, aussi bien sur sa méthode d’adoption que sur son contenu.

Les responsables politiques ont également évoqué les manifestations de contestation contre cette réforme institutionnelle, notamment celles de juin 2025, qui auraient été violemment réprimées, causant plusieurs morts, de nombreux blessés et des arrestations.

Ils ont aussi rappelé les incidents survenus le 29 septembre 2024 lors d’une activité politique à Lomé, au cours de laquelle plusieurs personnalités, dont le parlementaire sénégalais Guy Marius Sagna, la députée Brigitte Adjamagbo-Johnson, des journalistes et des militants, auraient été victimes d’agressions.

Les organisateurs dénoncent une réduction drastique de l’espace civique au Togo, caractérisée par les interdictions de manifestations, les dispersions de réunions politiques et les intimidations visant les acteurs de la société civile et les opposants.

Concernant les détenus politiques, ils affirment qu’environ 70 personnes restent encore emprisonnées pour leurs opinions politiques, malgré la libération de 75 détenus le 31 décembre 2025. Certains seraient détenus depuis plusieurs années sans procès. Les signataires évoquent également plusieurs cas de torture, de traitements inhumains et de décès en détention.

Les responsables de la DMP et de ses alliés s’interrogent sur la représentativité de l’Assemblée nationale togolaise, qui accueille cette conférence de l’APF. Selon eux, le Parlement est dominé à 95,5 % par des députés du parti au pouvoir, sans réelle représentation de l’opposition dans les instances parlementaires internationales.

Ils ont aussi critiqué le rôle de l’OIF dans les processus électoraux togolais, notamment en ce qui concerne la certification du fichier électoral. Pour eux, un fichier électoral ne peut être considéré comme fiable alors qu’une grande partie de la population ne dispose toujours pas de carte nationale d’identité.

Au terme de leur déclaration, les signataires ont formulé plusieurs exigences à l’endroit des autorités togolaises. Ils demandent notamment la libération immédiate et sans condition de tous les détenus politiques, la reconnaissance et la réparation des violations de droits subies, ainsi que le retour libre et sécurisé des exilés politiques.

Ils réclament également l’ouverture d’un processus de transition démocratique inclusif et transparent, destiné à refonder les institutions de la République et à restaurer la souveraineté populaire.

À l’endroit de l’Organisation internationale de la Francophonie, les responsables politiques demandent une remise en cause de sa position sur le Togo. Ils l’invitent à reconnaître sa part de responsabilité dans le désordre institutionnel dénoncé, à accorder une plus grande place à la jeunesse africaine et togolaise, et à évoluer vers une « Francophonie des peuples ».

Pour les organisateurs de cette conférence de presse, l’avenir de la Francophonie dépendra de sa capacité à écouter les aspirations des peuples, notamment celles de la jeunesse africaine, de plus en plus désabusée face aux promesses non tenues de démocratie et de liberté.

« La jeunesse africaine, et togolaise en particulier, représente l’avenir de la Francophonie. Il est indispensable que ses attentes soient prises en considération », ont-ils conclu.

Yawo KLOUSSE

Yawo KLOUSSE

Journaliste, Directeur, Editeur du Site afriquenligne.tg

Journaliste et éditeur passionné par l’actualité africaine, il dirige Afriquenligne.tg avec l’ambition de livrer une information fiable, claire et proche du terrain.

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