L’ ASPIRATION LÉGITIME À UN MIEUX-ÊTRE POUR LES*
*CITOYENS EN AFRIQUE
Dans un monde globalisé où l’accès à l’information et aux standards de vie des autres continents n’est plus un privilège mais une évidence quotidienne, les aspirations des citoyens africains à un mieux-être sont légitimes, profondes et de plus en plus pressantes. Face aux défaillances des systèmes sociaux, politiques et économiques, la jeunesse africaine — moteur du changement — se heurte à des murs d’indifférence, d’injustice et de répression.
Dans ce texte percutant, le Professeur FOLIKOUE Ekoué Roger (RJC) nous livre une analyse sans complaisance, mais pleine de lucidité et d’espoir. Il interpelle, questionne, et appelle à l’engagement collectif pour repenser le destin du continent. Découvrez l’intégralité de ses pensées 👇👇👇
A la recherche d’ un mieux-être, des jeunes africains, ceux et celles qui constituent
normalement la force vitale et transformatrice de leur nation, ont quitté leur pays
pour un Eldorado en prenant tous les risques: la traversée du désert, des travaux
forcés et dégradants (cf. l’épisode de l’enfant prodigue qui voulait se remplir le
ventre avec la nourriture destinée aux animaux), des embarcations inappropriées
etc.
Mais malheureusement ils ne parviennent pas à la terre promise car ils
périssent inéluctablement dans l’océan (cf. Le Ventre de l’atlantique de Fatou
DIOME) alors qu’ ils espéraient un salut grâce à l’application d’ un droit
humanitaire qui aurait pour base le principe de l’humanisme, caractéristique de la
modernité.
Et pourtant ce fameux principe qui n’avait pas sauvé, dans le passé, le continent
africain ni de l’esclavage ni de la colonisation, n’a pas également, dans le monde
contemporain, servi de bouclier et de rempart pour des jeunes africains. Quelle
terrible désillusion! Y aurait-il une humanité à géométrie variable?
Pour une aspiration à de meilleures conditions de vie dans leur pays, situé dans le
village planétaire moderne, où tout le monde voit des changements du cadre de
vie grâce au progrès scientifique et technologique, des jeunes africains sont
réprimés, molestés, violentés et torturés. Quel scandale ! Quelle ignominie!
L’océan n’est plus alors leur cimetière mais ce sont des lagunes et parfois des
lacs qui sont proches d’eux. La terre nourricière dans les différentes traditions
africaines serait-elle devenue un charnier?
Le désir d’un mieux-être, inscrit au cœur de tout être humain, serait-il alors
illusoire pour des Africains ou bien ne peut- il se réaliser que dans des pays
européens, américains et asiatiques? Peut-on être dans le monde moderne où l’
internet rend accessible les réalités des autres pays, qui attirent tout être
humain normalement constitué, et ne pas vouloir un mieux-être sur le continent
africain caractérisé par l’absence d’infrastructures indispensables et la misère
sociale? L’Afrique serait-elle un continent damné de la terre (Frantz FANON)?
Doit-on continuer à accuser l’Occident d’être la cause de tous les malheurs en
Afrique ou serait-il vraiment temps d’établir les responsabilités des gouvernants
dans le drame africain?
Quand les villes africaines ne retiennent plus les jeunes (exode rural), on peut
facilement imaginer le désir des jeunes des villages africains, où tout manque, et
qui rêvent ardemment d’être des KOCOUMBO à Paris (Aké LOBA) ou autres
capitales et provinces occidentales.
Malgré la présence des téléphones androïdes, seuls signes du monde moderne, ces
villages restent des villages africains avec leur lot de misère. Alors qu’ailleurs des
villages sont dotés des infrastructures qui ont changé le cadre de vie des citoyens.
Ici des jeunes tirent le diable par la queue.
Alors qu’ailleurs des jeunes peuvent trouver à faire pour se prendre en charge et
même se donner des loisirs, ici, sur le continent, I’ absence d’opportunités vous
transforme en des mendiants et surtout en des personnes en situation d’ incapacité,
qui attendent toujours de la diaspora, nouveau Joseph en référence à l’ épisode
biblique. La terre africaine serait-elle devenue une terre étrangère à ses propres
jeunes ? Manque-t-elle des cerveaux, des leaders, des visionnaires, des hommes
et femmes politiques, des scientifiques, des références intellectuelles et morales
capables de décider et de faire bouger les choses?
Ce que des hommes et des femmes ont pu réaliser en Occident est-il impossible
en Afrique ? Difficile de donner une réponse affirmative à cette question car des
Africains excellent en Occident dans différents domaines. Le mal n’est donc pas
congénital et heureusement.
Au regard de tout ce qui se passe dans les pays africains et dans les institutions
régionales et continentales, peut-on être neutre sous prétexte que la neutralité
permet de jouer le rôle de médiateur dans la cité ou que cela permettrait de ne pas
faire de « la politique » afin d’apparaître comme celui où celle qui n’ appartient à
aucun camp ?
Laissons la parole à Jacques MUKENGA SEFU, un fils du continent qui nous
interpelle tous, intellectuels, membres de la société civile, hommes et femmes
politiques, acteurs économiques, entrepreneurs, religieux etc.:
« La neutralité n’ est pas une vertu. Elle a engendré la langue de bois, ce
patois des politiques et des technocrates irrésolus… Is disent aux uns
vous avez raison; et aux autres vous n ‘avez pas tort…
La raison humaine est jugement et il en résulte qu’ aussitôt éclairé par
les données d’un débat, on ne peut ne pas prendre parti..
La neutralité est un leurre, une ruse. Elle est une chose qu’on trouve dans
les discours, pas dans le cæur des gens.. Si voir les injustices et passer
son chenin n’est pas de la lâcheté, admettez néanmoins que cela y
ressemble beaucoup. »
Et on peut encore faire référence à MUKENGA SEFU en le paraphrasant:
Engageons-nous, car celui ou celle qui n’ est pas dégoûté(e) par ce qui est
dégoûtant est encore plus dégoûtant(e) que ce qui ne le (la) dégoûte pas.
N’ est-ce pas dans la capacité de nous indigner individuellement et collectivement
(cf. Stéphane HESSEL) contre les situations les plus humiliantes et les
dégradantes de nos pays que nous serons des acteurs et des actrices du continent?
Si penser le vivre- ensemble en Afrique est une urgence (cf. Maurice KAMTO,
L’Urgence de la pensée et de Kako NUBUKPO, L’urgence africaine), ne
pourrait-on pas dire que son ressort est la capacité de nous indigner véritablement
pour le bien commun et non pour nos propres intérêts égoistes ?
FOLIKOUE Ekoué Roger (RJC)























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