La cité frontalière d’Aflao a vibré cette année encore au rythme de la cérémonie traditionnelle Épé- Ékpé, l’une des plus importantes manifestations culturelles du peuple Guin. Bien que cette fête soit souvent associée à la ville d’Aného, au Togo, son origine remonte bel et bien à l’histoire des Guins venus de Guin (Accra).
Selon les récits transmis par les notables, dont Togbé Lankpan, l’expression “yaka yakê zan” rappelle cette mémoire collective : « ceux qui sont partis de Guin ». Ainsi, Aflao, tout comme d’autres sites, demeure un haut lieu de cette tradition, car les Guins s’y étaient installés avant même les habitants d’Aného.
La pierre sacrée Kpéssôsô : le symbole Guin
Au cœur de la fête se trouve la pierre Kpéssôsô. Contrairement à une croyance répandue, ce symbole ne provient pas d’Aného, mais des Guins eux-mêmes. À l’époque, l’érosion marine détruisait peu à peu les villages côtiers, poussant les ancêtres à se déplacer vers l’intérieur des terres.
Ces migrations, souvent longues, ne constituaient pas un obstacle pour eux. Les anciens affirment même que grâce à leurs pouvoirs spirituels, ils pouvaient « plier la route », c’est-à-dire raccourcir les distances. C’est ainsi qu’au fil des déplacements, différents groupes Guin se sont établis dans diverses localités, jusqu’à ce qu’un porteur de la cérémonie de Kpéssôsô s’installe à Aného, donnant naissance à la célébration actuelle dans cette ville.
Mémoire et identité
La fête Épé- Ékpé, célébrée avec faste à Aflao, demeure avant tout un héritage Guin. Elle incarne la mémoire d’un peuple résilient face aux bouleversements de la nature et porteur de valeurs culturelles et spirituelles profondes.
En renouant chaque année avec cette tradition, les Guins rappellent aux jeunes générations la nécessité de préserver ce patrimoine identitaire, qui fait la fierté de toute une communauté.
Yawo KLOUSSE























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