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XOSÉ HOUN ( XOSEHUN), UNE CÉLÉBRATION DE LA FOI AUX RYTHMES DE NOS TAM-TAMS

XOSÉ HOUN ( XOSEHUN), UNE CÉLÉBRATION DE LA FOI AUX RYTHMES DE NOS TAM-TAMS

Par :*Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE* »

*Je suis revenu ce dimanche 3 mai 2026 à Gbomamé car le père Patrice Sossou m’avait informé de la présence de Xosehum sur sa paroisse.*

*Père Patrice, tu sais que Gbomamé a été l’œuvre du Père Flavio mais sais-tu aussi que la Sœur Gabriela a tellement travaillé à Gbomamé avec les groupes des femmes que dans sa communauté, Les Petites Soeurs de la Sainte Famille, elle fut appelée Curé de la Basilique de Gbomamé ?*
*C’est ce que la Soeur Esther,depuis l’Italie, m’a révélé après avoir lu le texte de mon pèlerinage du 1er mai dernier.*

*Roger, à Gbomamé, Basilique de la Sr Gabriela, paroisse dirigée par Patrice, qu’as-tu vu ce 3 mai 2026?*

*D’abord j’ai vu des hommes et des femmes en tenue de pagne de chez nous avec des perles traditionnelles.* *Mais ce qui a le plus retenu mon attention c’est que ce sont des personnes avec le sourire sur les visages.*
*Oui des visages souriants, j’ai envie de dire des hommes heureux et des femmes heureuses.*
*Sont-ils les plus riches du secteur? Je ne crois pas.*
*Sont-ils venus pour recevoir de l’argent? Pas du tout,car ce n’est pas ce que les pères Patrice et Arnaud m’avaient dit.*

*La joie de venir célébrer ensemble et de vivre la fraternité est certainement la cause de leur joie surtout en ce 5è dimanche de Pâques.*
*Alors à Nietzsche qui avait dit que les chrétiens parlent de la résurrection du Christ avec un visage triste, je dis: j’ai vu des hommes et des femmes avec des visages joyeux à Gbomamé.*
*Dieu, la joie de notre cœur ( cf. Ps 33, Ps 37, Ps 100, Ps 122).*

*La deuxième chose que j’ ai remarquée, c’est la procession d’entrée. Elle était spéciale et sa spécificité résidait dans le fait que ce groupe de talentueux musiciens et compositeurs ont transformé l’évangile du jour en morceau musical pour la procession et l’introït.* *Le père Patrice, le célébrant principal, a aussi remarqué cela et il l’a signifié à toute l’assemblée.*
*J’ai compris que ce serait une célébration spéciale.*
*Mais, on dirait que la procession d’entrée n’était qu’un petit aspect de la grande et très, très longue procession au moment des offrandes avant l’offertoire.* *Honnêtement je n’ai jamais vu une procession si vivante et si longue.*
*Oui elle était longue et chacun et chacune allait à l’autel avec des offrandes mais également avec tout son être en des mouvements de danse. On dirait que chaque personne de l’assemblée en danse devenait l’hostie de cette messe (cf. Marthe Robin). C’était beau, magnifique et tout simplement magique.*

*A Gbomamé, j’ai vu toute l’assemblée célébrée.*
*J’ai vu des corps exprimant leur foi en Jésus-Christ avec les instruments de musique de leurs traditions, avec des rythmes de leur culture.* *C’était une assemblée louant Dieu avec ses propres créations musicales et dans sa langue. A un moment donné j’ai eu la conviction que c’est la Pentecôte, car il s’agit d’une assemblée qui exprimait dans sa langue et avec ses richesses les merveilles de Dieu (cf. Ac 2, 1-11).*

*Dans cette assemblée j’ai vu des hommes et des femmes de tout âge. Quel beau mélange générationnel !*

*Gbomamé ce matin traduisait en acte un aspect du thème de l’année pastorale : Évangélisation et inculturation, défis et opportunités.*
*Mais je dois reconnaître que les défis sont encore énormes car:*
*- comment confesser l’Emmanuel avec nos rites en évitant une superposition des rites?*
*- Comment confesser l’Emmanuel avec des symboles de nos traditions, dans un système symbolique ouvert et non fermé?*

*-Comment confesser l’Emmanuel dans sa vérité de Dieu-avec-nous et non un Emmanuel d’emprunt vidant nos systèmes symboliques?*

*Il faut bien plus qu’une célébration liturgique pour répondre à ces questions.*
*N’ est-ce pas le rôle des théologiens mieux des penseurs chrétiens convaincus de la vérité de l’Emmanuel qui a chaque culture comme son lieu de dé-voilement?*

*Oui c’est possible, car dans mon enfance, il n’était pas possible de faire entrer les tam-tams, le gong, et autres instruments de musique dans les églises chrétiennes mais on a compris aujourd’hui, mais nous devons aller encore plus loin.*

*A Gbomamé, à part Patrice, Arnaud et Victor que je connaissais avant, j’ai élargi mon domaine de définition d’existence en faisant la connaissance de Boniface (Kové), le secrétaire du groupe Xosehun, de Théodore (Totsi), le maître de chant, de Michel (Apedokoe), de Grégoire (Avedji) et j’ai retrouvé avec joie Tatita Nana-Klouvi que je connaissais avant.*

*Dire Dieu dans nos langues, dans nos différentes cultures est possible car depuis toujours Il est ce Transcendant Universel connu qui passe par les prismes de nos cultures. Il n’est pas un Dieu d’emprunt car c’est Lui qui est l’auteur de tout le créé et de toutes les cultures.*

*Et si nos cultures devenaient réellement des lieux de la révélation du Christ, nos célébrations ne seraient-elles pas encore plus riches et plus vivantes ?*

Yawo KLOUSSE

Yawo KLOUSSE

Journaliste, Directeur, Editeur du Site afriquenligne.tg

Journaliste et éditeur passionné par l’actualité africaine, il dirige Afriquenligne.tg avec l’ambition de livrer une information fiable, claire et proche du terrain.

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