TOGO : MISSION PARLEMENTAIRE EMPÊCHÉE, L’HONORABLE Kafui ADJAMAGBO JOHNSON DÉNONCE UN VERROUILLAGE DU SEPTENTRION
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Empêchée de tenir ses activités de reddition de comptes dans les régions des Savanes et de la Kara, la députée Dame Kafui ADJAMAGBO JOHNSON a dénoncé, lors d’une conférence de presse tenue cet après-midi au siège de la CDPA à Lomé, des entraves sécuritaires et administratives révélatrices, selon elle, d’un recul inquiétant de la démocratie au Togo. Entre expulsions, intimidations et opacité autour de projets publics, cette mission avortée soulève de nombreuses interrogations sur la gouvernance et la transparence.
C’est au cours d’une conférence de presse tenue cet après-midi au siège de la CDPA à Lomé que la députée de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), Dame Kafui ADJAMAGBO JOHNSON, est revenue sur l’échec de sa tournée parlementaire dans le nord du Togo.
Une mission de reddition de comptes qui, de Dapaong à Kara, s’est heurtée à des obstacles majeurs imposés par les autorités administratives et sécuritaires.
Une arrivée sous tension à Dapaong
Le 23 mars 2026, aux environs de 18h35, la délégation arrive à Dapaong. Première étape : une visite de courtoisie au préfet. Mais très vite, le ton est donné. Entouré des forces de défense et de sécurité, le représentant de l’État conditionne toute rencontre avec les populations à une autorisation préalable du ministre de la Défense.
Dans la foulée, un dispositif sécuritaire impressionnant est déployé dans la ville. La décision tombe : la délégation doit quitter immédiatement les lieux. Une expulsion pure et simple, vécue par les membres de la mission comme une entrave grave à l’exercice du mandat parlementaire.
Kara sous pression et menaces anonymes
À Kara, où la mission devait se poursuivre les 23 et 24 mars, le scénario ne diffère guère. Malgré les démarches entreprises auprès des autorités, notamment le préfet de la Kozah, aucune garantie sécuritaire n’est donnée.
Pire, des appels anonymes et des numéros masqués exhortent Dame Kafui ADJAMAGBO JOHNSON et son équipe à ne pas se rendre dans la région. Face à ce climat jugé préoccupant, et après plusieurs tentatives infructueuses de contact avec les autorités locales, la décision est prise de suspendre les activités afin de préserver des vies humaines.
Un contrôle parlementaire rendu impossible ?
Au-delà des incidents, cette mission avortée pose une question de fond : un député peut-il encore exercer librement sa mission de contrôle de l’action gouvernementale au Togo ?
Pour la DMP, la réponse semble évidente. Les obstacles rencontrés témoigneraient d’un système où le pouvoir exécutif limite l’action des élus, en contradiction avec les principes fondamentaux de la démocratie parlementaire.
La situation est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un contexte où le pays affiche des ambitions de renforcement du régime parlementaire.
Des projets publics entourés d’opacité
Lors de cette conférence de presse, Dame Kafui ADJAMAGBO JOHNSON a également mis en lumière les nombreuses zones d’ombre entourant plusieurs projets publics dans les régions concernées.
La tournée devait permettre de visiter :
Le barrage de Dalwak à Dapaong, censé améliorer l’accès à l’eau potable mais dont l’efficacité reste contestée ;
Les travaux d’aménagement urbain lancés en 2023, aujourd’hui ralentis voire à l’arrêt malgré des financements conséquents ;
Le marché de Kotokoli Zongo, pilier économique régional fonctionnant encore dans des conditions précaires ;
La route Kara–Kabou–Bandgéli, fortement dégradée et pénalisant les échanges commerciaux ;
Le nouveau pont de Kara, dont les travaux accusent un retard significatif ;
Le barrage de la Kozah, unique source d’approvisionnement en eau de la ville, aujourd’hui insuffisant face à la demande croissante.
Autant de projets pour lesquels les populations attendent des réponses claires sur leur état d’avancement, leur gestion et leur impact réel.
Des populations en attente de réponses
Dans les Savanes comme à Kara, les préoccupations restent les mêmes : accès à l’eau potable, routes praticables, infrastructures fonctionnelles et conditions de vie améliorées.
Malgré les investissements annoncés, les résultats tardent à se concrétiser. Retards dans les travaux, absence d’entretien, manque de transparence : autant de dysfonctionnements qui alimentent frustrations et incompréhensions.
Un signal inquiétant pour la démocratie
Pour Dame Kafui ADJAMAGBO JOHNSON et ses soutiens, les entraves à cette mission, dénoncées publiquement à Lomé, traduisent une volonté de restreindre l’espace démocratique, notamment dans la partie septentrionale du pays.
Ils dénoncent une stratégie visant à empêcher tout contact direct entre les élus de l’opposition et les populations, de peur d’un éveil des consciences.
Une exigence de redevabilité
Au terme de cette sortie médiatique, une exigence demeure : celle de la transparence et de la redevabilité dans la gestion des affaires publiques.
Car pour les populations, il ne s’agit pas de privilèges, mais de droits fondamentaux :
avoir accès à l’information, comprendre l’utilisation des ressources publiques et bénéficier concrètement des projets annoncés.
Au Togo, la question reste posée : la reddition de comptes est-elle encore possible ?
Yawo KLOUSSE






















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